Le Royaume-Uni et l'Iran vont rouvrir leurs ambassades ce dimanche

le , mis à jour à 09:56
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(Actualisé avec arrivé de Philippe Hammond à Téhéran) par Guy Faulconbridge TEHERAN, 23 août (Reuters) - Le Royaume-Uni et l'Iran vont rouvrir ce dimanche leurs ambassades respectives à Téhéran et à Londres, a annoncé le secrétaire britannique au Foreign Office, Philip Hammond, qui est arrivé dans la capitale iranienne où il doit présider l'évènement. L'ambassade britannique est à l'abandon depuis que des manifestants iraniens l'ont prise d'assaut en novembre 2011, pillant les lieux et brûlant l'Union Jack. Dans la foulée, Londres avait expulsé les diplomates iraniens en Grande-Bretagne. Mais l'accord sur le programme nucléaire iranien conclu le mois dernier à Vienne par la République islamique et les puissances du P5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne, soit les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'Onu + l'Allemagne) a radicalement changé la donne. "Notre relation s'est améliorée depuis 2011", a déclaré Philip Hammond. "Quatre ans après l'attaque de l'ambassade britannique, je vais la rouvrir aujourd'hui." Hammond est le deuxième secrétaire au Foreign Office à se rendre en Iran depuis la révolution islamique de 1979. Seul Jack Straw l'a devancé. C'était en octobre 2003 dans le cadre d'une tentative de médiation portant déjà sur le programme nucléaire iranien menée avec ses homologues de la "troïka" européenne, le Français Dominique de Villepin et l'Allemand Joschka Fischer. À LA CONQUÊTE D'UN 'MARCHÉ FRONTIÈRE" La réouverture de l'ambassade britannique témoigne de façon spectaculaire du réchauffement des relations entre l'Occident et l'Iran après plus d'une décennie de tensions nées des premières révélations, à l'été 2002, sur le programme nucléaire iranien. Dans les semaines ayant suivi l'accord conclu le 14 juillet à Vienne, qui prévoit d'encadrer les activités nucléaires de l'Iran en échange d'une levée progressive des sanctions, les ministres allemand et français des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier et Laurent Fabius, de même que la Haute Représentante de l'Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité commune, Federica Mogherini, se sont rendus à Téhéran. Un des objectifs, pour nombre de capitales, est de se positionner au mieux en vue de la réouverture d'un marché de plus de 78 millions d'habitants, un bouleversement que certains investisseurs comparent à l'ouverture de l'économie russe après l'effondrement de l'Union soviétique en 1991. "C'est un vaste marché émergent qui s'ouvre, un vaste 'marché frontière'. L'Iran a le potentiel d'une superpuissance dans le domaine de l'énergie", note Norman Lamont, ancien ministre des Finances qui préside aujourd'hui la British Iranian Chamber of Commerce. "Mais il est également nécessaire d'être prudent parce que nous ne savons pas quelles sanctions américaines vont rester", ajoute-t-il. LE RETOUR DU VIEUX RENARD Le secrétaire Hammond est accompagné par une petite délégation d'hommes d'affaires et de représentants d'entreprises dont le groupe pétrolier Royal Dutch Shell RDSa.L , la société Amec Foster Wheeler AMFW.L présente dans les services liés à l'énergie et à l'industrie minière ou la compagnie écossaise d'ingénierie industrielle Weir Group WEIR.L . "En premier lieu, nous voulons garantir le succès de l'accord nucléaire, y compris en favorisant le commerce et les investissements lorsque les sanctions seront levées", a expliqué le chef de la diplomatie britannique. Les deux ambassades seront dirigées dans un premier temps par des chargés d'affaires mais des ambassadeurs seront accrédités dans les prochains mois, a précisé Hammond. A Téhéran, les futurs diplomates britanniques devront s'atteler à reconstruire une relation de confiance alors que le Royaume-Uni est encore qualifié de "Petit satan" ou de "Vieux renard" ("Old Fox"). L'agence de presse iranienne Fars, dans son édition électronique, présente ainsi la réouverture de l'ambassade comme "le retour du renard". Bâtiment opulent édifié au XIXe siècle en plein "Grand Jeu", quand l'Empire britannique tentait de stopper l'expansion de la Russie tsariste, il a été qualifiée en 2011 d'"ambassade du mal" par le guide suprême de la révolution islamique, l'ayatollah Ali Khamenei. Il faisait allusion à l'"axe du mal" du président américain George W. Bush, sur lequel l'Iran côtoyait l'Irak et la Corée du Nord, mais aussi à la découverte, signalée en 2007 par la presse iranienne, d'un tunnel secret entre l'ambassade et une boutique de tapis qu'utilisaient "des espions et des prostituées" pour échapper à toute surveillance. (Eric Faye, Henri-Pierre André et Jean-Philippe Lefief pour le service français)


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