Le Royaume-Uni en vue pour des mineurs isolés bloqués à Calais

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DE L'ESPOIR POUR LES MINEURS ISOLÉS BLOQUÉS À CALAIS
DE L'ESPOIR POUR LES MINEURS ISOLÉS BLOQUÉS À CALAIS

PARIS (Reuters) - Sous la pression d'actions en justice, les autorités françaises ont pour la première fois saisi le Royaume-Uni de demandes de prise en charge pour des mineurs isolés bloqués à Calais, a-t-on appris lundi auprès des avocats de ces derniers.

Le tribunal administratif de Lille, saisi en référé, a rappelé fermement à l'Etat ses obligations concernant ces enfants ou jeunes adolescents, ouvrant une brèche dans la frontière quasi infranchissable entre le Royaume-Uni et la France.

Plusieurs centaines de mineurs isolés vivent depuis des mois dans une grande précarité dans les bidonvilles de Calais et de Grande-Synthe, près de Dunkerque, d'où ils cherchent à rejoindre leur proche famille au Royaume-Uni.

Ces jeunes migrants sont partis seuls ou ont perdu leur accompagnateur en cours de route et se retrouvent livrés à eux-même en fin de parcours.

Saisi par des associations dénonçant un immobilisme coupable, le Conseil d'Etat avait enjoint en novembre dernier aux pouvoirs publics de recenser et de fournir une protection à ces mineurs, plus de 300 dans la seule "jungle" de Calais.

Mais aucune mesure n'avait été prise jusqu'à présent, selon leurs défenseurs.

Pour obtenir leur mise à l'abri immédiate et faire valoir leurs droits à rejoindre leurs proches en Grande-Bretagne en application du règlement "Dublin", cinq mineurs isolés ont donc saisi en urgence le tribunal administratif de Lille.

Ils ont notamment fait valoir la violation de leur droits d'asile et le refus des autorités françaises de mettre en oeuvre le regroupement familial, expliquent leurs avocates Me Marie-Charlotte Fabié et Lou-Salomé Sorlin, dans un communiqué.

"Après plusieurs mois d'atermoiements, les demandes d'asile et les demandes de saisine du Royaume-Uni des mineurs requérants ont été enregistrées par les autorités en extrême urgence la veille ou au cours de l'audience à Lille", précisent-elles.

Et, pour la première fois, la Grande-Bretagne a été saisie de demandes effectives de prise en charge.

Dans ses décisions du 11 février, le juge du référé liberté lillois déplore que les services de l'Etat aient attendu "d'être saisis d'une requête" pour enregistrer les demandes "de protection internationale".

"Les services de l'Etat n'ont pas entrepris d'identifier immédiatement (ces mineurs), malgré des courriers signalant leur existence et leurs attaches familiales au Royaume-Uni et leur ont opposé un 'refus de guichet'" en méconnaissance des dispositions légales, ajoute-t-il.

"C'est un espoir pour tous les mineurs qui sont aux portes du Royaume-Uni", soulignent Marie-Charlotte Fabié et Lou-Salomé Sorlin.

(Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)

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