Le Royaume-Uni en vue pour des enfants de la "jungle" de Calais

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    PARIS, 15 février (Reuters) - Sous la pression d'actions en 
justice, les autorités françaises ont pour la première fois 
saisi le Royaume-Uni de demandes de prise en charge pour des 
mineurs isolés bloqués à Calais, a-t-on appris lundi auprès des 
avocats de ces derniers. 
    Le tribunal administratif de Lille, saisi en référé, a 
rappelé fermement à l'Etat ses obligations concernant ces 
enfants ou jeunes adolescents, ouvrant une brèche dans la 
frontière quasi infranchissable entre le Royaume-Uni et la 
France.   
    Plusieurs centaines de mineurs isolés vivent depuis des mois 
dans une grande précarité dans les bidonvilles de Calais et de 
Grande Synthe, près de Dunkerque, d'où ils cherchent à rejoindre 
leur proche famille au Royaume-Uni.  
    Ces jeunes migrants sont partis seuls ou ont perdu leur 
accompagnateur en cours de route et se retrouvent livrés à 
eux-même en fin de parcours. 
    Saisi par des associations dénonçant un immobilisme 
coupable, le Conseil d'Etat avait enjoint en novembre dernier 
aux pouvoirs publics de recenser et de fournir une protection à 
ces mineurs, plus de 300 dans la seule "jungle" de Calais.  
    Mais aucune mesure n'avait été prise jusqu'à présent, selon 
leurs défenseurs. 
    Pour obtenir leur mise à l'abri immédiate et faire valoir 
leurs droits à rejoindre leurs proches en Grande-Bretagne en 
application du règlement "Dublin", cinq mineurs isolés ont donc 
saisi en urgence le tribunal administratif de Lille. 
    Ils ont notamment fait valoir la violation de leur droits 
d'asile et le refus des autorités françaises de mettre en oeuvre 
le regroupement familial, expliquent leurs avocates Me 
Marie-Charlotte Fabié et Lou-Salomé Sorlin, dans un communiqué. 
    "Après plusieurs mois d'atermoiements, les demandes d'asile 
et les demandes de saisine du Royaume-Uni des mineurs requérants 
ont été enregistrées par les autorités en extrême urgence la 
veille ou au cours de l'audience à Lille", précisent-elles. 
    Et, pour la première fois, la Grande-Bretagne a été saisie 
de demandes effectives de prise en charge. 
    Dans ses décisions du 11 février, le juge du référé liberté 
lillois déplore que les services de l'Etat aient attendu "d'être 
saisis d'une requête" pour enregistrer les demandes "de 
protection internationale". 
    "Les services de l'Etat n'ont pas entrepris d'identifier 
immédiatement (ces mineurs), malgré des courriers signalant leur 
existence et leurs attaches familiales au Royaume-Uni et leur 
ont opposé un 'refus de guichet'" en méconnaissance des 
dispositions légales, ajoute-t-il. 
    "C'est un espoir pour tous les mineurs qui sont aux portes 
du Royaume-Uni", soulignent Marie-Charlotte Fabié et Lou-Salomé 
Sorlin.     
 
 (Gérard Bon, édité par Yves Clarisse) 
 
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