Le roman russe de Schalke

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Le roman russe de Schalke
Le roman russe de Schalke

En match officiel, la double confrontation de Schalke contre Krasnodar est une première. Le club n'avait jamais eu l'occasion d'affronter un club russe jusque-là. Pourtant, l'histoire du club avec la Russie n'est pas si neuve. Depuis 2007, les Knappen s'affichent avec le logo Gazprom sur le torse. Quitte à faire râler les supporters et les politiques de tous bords quand les relations internationales deviennent tendues.

" Ce n'est pas vraiment faire preuve de tact, dans la situation actuelle, d'accepter une invitation au Kremlin et de se laisser instrumentaliser de la sorte. " Quand la CDU lâche les fauves sur un club de football, il y a de la surprise dans un premier temps, puis un certain écho. En 2014, l'attaque vient dans un premier temps de Peter Tauber, secrétaire général du parti d'Angela Merkel. Le SPD emboîte le pas. Les Verts en rajoutent une couche en estimant que Schalke participerait ainsi de la " propagande de Poutine ". Bref, le boss du club, Clemens Tönnies, en prend pour son grade. La goutte d'eau qui a fait déborder le vase, c'est l'invitation de Vladimir Poutine lancée aux Königsblauen pour venir faire un petit tour à Moscou pendant l'été, en pleine crise diplomatique au sujet de la Crimée. Le petit monde politique allemand semble découvrir un événement qui court pourtant depuis presque huit ans : un club de la Bundesliga est financé indirectement par le gouvernement russe, actionnaire majoritaire de la société Gazprom. L'influence russe sur le football allemand passe mal en coulisses. Pourtant, ce n'est donc pas la première fois que la Russie s'affiche aux côtés de Schalke. Depuis dix ans, les connexions indirectes entre Moscou et Gelsenkirchen se multiplient, au gré des événements sportifs ou internationaux, de la naturalisation de Roman Neustädter avant l'Euro aux matchs d'Europa League contre Krasnodar.

Un chancelier, du jarret de porc et du gaz


Le débarquement de Gazprom dans les pattes de Schalke remonte à 2006. Le club est alors en proie à de graves difficultés financières. Grâce à l'ancien chancelier (SDP) Gerhardt Schröder, qui fait office d'entremetteur dans l'affaire, Clemens Tönnies rencontre Vladimir Poutine et Alexei Miller (le patron de Gazprom) pour leur vanter les mérites de son équipe. Le deal est signé en octobre et depuis, Tönnies n'hésite pas à considérer le président russe comme un ami proche. Ils ont surtout obtenu discrètement un partenariat en mode donnant-donnant-donnant, à trois bandes. Schröder et Poutine s'allient sur le dossier de Nord Stream, un projet de gazoduc entre la Russie et l'Allemagne à travers la mer Baltique, et de la présidence de son conseil de surveillance. Dans le même temps, Tönnies s'ouvre un marché juteux pour vendre des kilos de viande avec son entreprise. En mars 2015,…


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