Le rôle d'Assad incertain après l'accord à la réunion de Genève

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Le rôle d'Assad incertain après l'accord à la réunion de Genève
Le rôle d'Assad incertain après l'accord à la réunion de Genève

par Stephanie Nebehay et Angus MacSwan

GENEVE (Reuters) - Les puissances du groupe d'action sur la Syrie réunies samedi à Genève se sont mises d'accord sur la nécessité de la mise en place d'un gouvernement de transition à Damas, mais n'ont pas précisé le rôle que tiendrait le président Bachar al Assad dans le processus.

La formation d'un gouvernement d'union nationale, qui inclurait des membres de l'actuel gouvernement et des membres de l'opposition, se fera sur la base d'un consentement mutuel, a déclaré Kofi Annan, le représentant spécial de la Ligue arabe et des Nations unies pour la Syrie.

"C'est au peuple de parvenir à un accord politique, mais le temps presse", a-t-il conclu. "Le conflit doit être résolu par un dialogue et des négociations pacifiques."

La version finale de l'accord marque une victoire diplomatique pour la Russie, principale alliée de Damas, qui s'oppose à un départ forcé de Bachar al Assad, jugé indispensable par les Etats-Unis et leurs alliés européens et arabes.

Le texte ne comprend plus des déclarations, présentes dans une précédente version, qui excluaient explicitement la présence dans le futur gouvernement de "ceux dont la présence et la participation continues saperaient la crédibilité de la transition et mettraient en danger la stabilité et la réconciliation".

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, s'est dit "ravi" de l'issue de la réunion et a souligné qu'aucune condition préalable n'avait été donnée au processus de transition en Syrie, contrairement à ce que souhaitait Kofi Annan.

Le secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, a, en revanche, affirmé que l'accord ouvrait la voie à la formation d'un gouvernement d'union nationale sans l'actuel président.

"Assad doit toujours partir", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse. "Ce que nous avons fait ici (à Genève), c'est détruire la fiction selon laquelle lui et ceux qui ont du sang sur les mains pourraient rester au pouvoir."

DERNIÈRES CHANCES

Sergueï Lavrov et Hillary Clinton s'étaient entretenus vendredi soir à Saint-Pétersbourg mais, selon un responsable américain, ces discussions n'avaient pas permis de rapprocher les positions des deux grandes puissances.

La réunion de Genève avait été présenté par Kofi Annan, lors de son ouverture, comme l'une des dernières chances de résoudre le conflit syrien, qui dure depuis plus de seize mois et dont la répression gouvernementale a, selon l'Onu, tué plus de 10.000 personnes ont été tuées.

"Une crise internationale de grande ampleur menace. Nous sommes ici pour nous entendre sur les dispositions et les principes d'une transition politique dirigée par les Syriens qui réponde aux aspirations légitimes du peuple syrien", avait déclaré l'émissaire international, à l'ouverture des discussions.

"Personne ne peut douter des dangers extrêmes que ce conflit représente pour les Syriens, pour la région et pour le monde."

Les ministres des Affaires étrangères des membres permanents du Conseil de sécurité (Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne et Russie) étaient présents en Suisse, ainsi que leurs homologues turc, koweïtien et qatari. Nabil Elarabi, secrétaire général de la Ligue arabe, et Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne, s'y trouvaient également.

L'Iran, allié le plus proche de la Syrie dans la région et l'Arabie saoudite, ennemie à la fois de Damas et de Téhéran et principal soutien des forces opposées au président Assad, étaient les principaux absents.

Sur le terrain, les bombardements des forces gouvernementales et des affrontements avec les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL) dans les bastions de l'opposition ont pour l'instant fait 22 morts samedi, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

Après des semaines de siège, l'armée a par ailleurs pénétré à Douma, ville située à une quinzaine de kilomètres de Damas, dont les habitants en fuite évoquent des corps gisant dans les rues.

Tom Miles; Danielle Rouquié, Jean-Philippe Lefief et Julien Dury pour le service français

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