Le robot Philae est posé à l'ombre d'une falaise sur "Tchouri"

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(Avec précisions sur la localisation et la situation du robot) FRANCFORT/PARIS, 13 novembre (Reuters) - Le robot Philae envoyé sur la comète 67P/Tchourioumov-Guerassimenko ("Tchouri") s'est posé au pied d'une falaise, à environ un kilomètre de sa cible initiale, a annoncé jeudi l'Agence spatiale européenne (ESA). A son arrivée sur "Tchouri", mercredi, sept heures après s'être séparé de la sonde Rosetta, Philae n'est pas parvenu à déployer les harpons destinés à l'arrimer. Il a rebondi à deux reprises sur la surface de la comète, dont la gravité est pratiquement nulle, avant de flotter jusqu'à son emplacement actuel. Philae repose à l'ombre d'une falaise, ce qui fait que ses panneaux solaires, qui serviront à l'alimenter une fois que ses batteries se seront vidées après environ deux jours et demi, ne sont exposées au soleil que pendant une heure et demie par jour, au lieu des six à sept heures escomptées. "Nous ne sommes pas tout à fait là où nous voulions être", a reconnu le scientifique Jean-Pierre Biebring pendant une conférence de presse. L'ESA a publié jeudi une image du robot sur la surface rocheuse de la comète, un bloc de quatre kilomètres de long et de dix milliards de tonnes. Marc Pircher, directeur du Centre spatial de Toulouse (Cnes) associé à l'opération, a souligné de son côté que bien que le robot ne soit pas totalement stable, il a déjà été en mesure de transmettre des informations. "Il n'est pas à plat sur ses trois pieds, on est de traviole (...) mais il n'y a a priori rien de touché", a-t-il souligné lors d'un point presse. Par précaution, les opérateurs ont repoussé un éventuel forage qui pourrait rejeter Philae dans l'espace, mais "une moisson de données a déjà été recueillie", a-t-il poursuivi. "On a les antennes vers le ciel, ce qui fait que la communication marche. On a déjà un maximum d'informations sur le coeur de la comète", a-t-il ajouté. Marc Pircher a précisé que les opérateurs n'excluaient pas de stabiliser ultérieurement Philae. "On va voir si on peut retirer les harpons". Les scientifiques participant à cette mission entamée en 2004 espèrent que Philae parviendra à prélever des échantillons qui leur apporteront de nouvelles informations sur la formation du système solaire, voire de la vie dans l'univers. Les comètes datent de la formation du système solaire il y a environ 4,6 milliards d'années et certains scientifiques avancent l'hypothèse qu'elles ont apporté l'eau sur Terre. (Maria Sheahan, Marc Angrand et Tangi Salaün pour le service français, avec Gérard Bon à Paris)

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