Le risque d'une radicalisation islamiste "de masse" en France-rapport

le , mis à jour à 16:12
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* Un mouvement particulièrement inquiétant pour Malek Boutih * Outils sociaux et économiques pour lutter contre le phénomène * Manuel Valls partage l'analyse du rapporteur PARIS, 3 juillet (Reuters) - La radicalisation islamiste de quelques milliers de Français menace de "basculer dans un phénomène de masse" si les autorités ne mènent pas des actions sociales et économiques en direction d'une "jeunesse frustrée", estime Malek Boutih dans un rapport remis au Premier ministre Manuel Valls. Face à ce constat alarmant, le député socialiste, ancien président de SOS Racisme, formule une série de recommandations, au-delà de l'arsenal législatif existant. On y trouve notamment la création de "'groupements d'action républicaine' alliant la puissance de l'Etat et le dynamisme des acteurs sociaux et économiques" ou d'une Banque publique d'investissement (BPI) pour les jeunes. "L'ampleur du phénomène et sa pénétration dans tous les milieux, avec la radicalisation de jeunes étudiants, et de jeunes filles en particulier, indiquent qu'on pourrait basculer dans un phénomène de masse", souligne Malek Boutih dans ce rapport dont Le Figaro dévoile vendredi la teneur. L'élu précise que les recruteurs de l'Etat islamique ciblent "des proies au profil plus stable et moins détectable". Au 4 juin, indique le rapport, 2.243 signalements via le numéro vert mis en place en avril 2014 ont été confirmés et transmis aux préfectures et aux services du renseignement intérieur. Au total, 3.600 personnes ont été "détectées". Près de 65% des jeunes Français impliqués dans les filières djihadistes ont moins de 25 ans. Les filles sont de plus en plus concernées (près de 40% des départs de France). "Face à ce défi inédit, il semble utile de doter la puissance publique d'un outil adapté, destiné à des opérations publiques fortes et relativement ponctuelles", écrit Malek Boutih, en l'occurrence des groupes d'actions républicaines. MICRO-CRÉDITS, BANKBUS Sous l'autorité de l'Etat, "ces groupements dirigés nationalement et localement par des femmes et des hommes d'expérience seraient engagés contractuellement sur des objectifs et un calendrier précis". Ils seraient habilités, localement, à agir sur les terrains de l'école, de la police et du logement, avec le soutien du secteur privé. Malek Boutih suggère l'instauration d'un "Etablissement public national", sous l'égide du Premier ministre, disposant d'une marge manœuvre décisionnelle et budgétaire pour la prévention et la prise en charge de jeunes radicalisés. La radicalisation trouvant son terreau dans la précarité sociale, Malek Boutih veut permettre aux jeunes d'exercer "leur esprit d'initiative" et pas une nouvelle allocation. "Une 'BPI jeune' pourrait voir le jour dont les fonds seraient distribués aux porteurs de projet de moins de 30 ans". Le député avance aussi les pistes du micro-crédit et de banques itinérantes, des "bankbus" qui iraient à la rencontre des jeunes dans les quartiers défavorisés. Malek Boutih insiste sur le rôle du secteur associatif, "l'une des rares références de confiance chez les jeunes". Les associations, déplore-t-il, pâtissent d'un manque de moyens et d'un carcan administratif trop rigide, deux obstacles auquel l'Etat doit remédier selon lui. Il recommande en outre la création d'un "corps d'assistants de vie de famille" pour épauler les familles concernées Manuel Valls a déclaré vendredi en marge d'un déplacement à Besançon (Doubs) qu'il partageait l'analyse de Malek Boutih selon laquelle il y a un phénomène de "radicalisation de masse". Le rapporteur décrit, selon lui, "un mouvement particulièrement inquiétant et qui conforte notre analyse, celle que nous allons faire face à un phénomène durable". "La réponse ne peut pas être que policière et judiciaire, ça ne peut pas être que la réponse des services de renseignement, c'est une réponse en profondeur", a-t-il ajouté en revenant sur la nécessité de mettre fin à "l'apartheid territorial, social et ethnique" qui caractérise selon lui certaine banlieues. (Sophie Louet, avec Gilbert Reilhac à Besançon, édité par Yves CLarisse)

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  • sarestal le vendredi 3 juil 2015 à 18:51

    Le problème N°1 est qu'ils comprennent parfaitement leurs droits (prestations sociales, santé) mais ne veulent absolument aucun devoir. Tous les droits et 0 devoir. C'est ingérable et ça se verra dans peu de temps.

  • janaliz le vendredi 3 juil 2015 à 17:25

    La politique d'appauvrissement du système scolaire porte ses fruits à merveille ! Merci du nivellement par le bas. Le siècle des lumières est loin, très loin !

  • JODHY le vendredi 3 juil 2015 à 16:55

    voile intégral dans la rue , expulsion immédiate

  • JODHY le vendredi 3 juil 2015 à 16:53

    moi aussi j'en ai une de solution, déchéance pour les franco -truc et expulsion ,pour les estangers interdiction de territoire

  • M2496916 le vendredi 3 juil 2015 à 16:44

    J'en ai une moi de mesure sociale !!! la reconstruction du camp de Cayenne en Guyane, et pas de portables ou d'ordinateurs.

  • Aston54 le vendredi 3 juil 2015 à 16:26

    Frustrés... A qui la faute? la leur dans la pluspart de cas car la République française met à disposition de TOUS certains moyens (l'Ecole en tre autre). Maintenant si ce jeunes ne se sont pas donnés la peine d'utiliser ces moyens... tant pis pour eux!!!! Facile de se dire français pout toucher un max et de rejeter le pays lorsqu'il s'agit sw respecter ses lois, traditions etc...

  • mjjmimi le vendredi 3 juil 2015 à 16:22

    MDR ! Nos politiques et hauts fonctionnaires ne savaient pas ! Faut dire que dans leurs beaux bureaux climatisés sont au plus prés du "peuple"...

  • bsdm le vendredi 3 juil 2015 à 16:18

    Embaucher des fonctionnaires et donner de l'argent aux salafistes : voila la réponse des socialos !!

  • M940878 le vendredi 3 juil 2015 à 16:17

    'jeunesse frustrée' ? on en lit des vertes et des pas m^res , et de plus faut encore leur donner du pognon ! analyse très 'objective' effectuée par un socialiste d'origine ...