Le Rijksmuseum rénové entre dans son nouveau Siècle d'Or

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Le Rijksmuseum abrite notamment des toiles de Rembrandt, Johannes Vermeer et Gabriël Metsu. Dmitry Eagle Orlov/Shutterstock.com
Le Rijksmuseum abrite notamment des toiles de Rembrandt, Johannes Vermeer et Gabriël Metsu. Dmitry Eagle Orlov/Shutterstock.com

(AFP) - Après dix ans de rénovations et de transformations devant lui permettre d'entrer de plain-pied dans le XXIe siècle, le Rijksmuseum d'Amsterdam a dévoilé à nouveau jeudi ses trésors du Siècle d'Or, dans un cadre ayant pour mot d'ordre le dialogue entre les toiles et leur époque.

"Le Rijksmuseum est à la veille d'une nouvelle page de son histoire", a déclaré le directeur du musée Wim Pijbes devant la presse après dix ans de travaux ayant coûté environ 375 millions d'euros.

"Tout a changé de place, à l'exception d'une chose, 'La Ronde de Nuit', hormis le fait qu'elle est accrochée un peu plus haut qu'avant", a-t-il ajouté en référence au plus célèbre tableau du peintre néerlandais Rembrandt (1606-1669).

Attraction principale du musée, cette toile monumentale de 3,8 mètres de haut sur 4,5 mètres de large pour 337 kilogrammes a sa propre salle, "La salle de la Ronde de Nuit", depuis 1885, date à laquelle le Rijksmuseum s'est installé dans le bâtiment qu'il occupe actuellement.

"Que chaque enfant néerlandais voit la Ronde de Nuit avant ses 12-13 ans, c'est cela notre ambition", a assuré Wim Pijbes : "le Rijksmuseum rassemble les gens, l'art et l'histoire".

Le Rijksmuseum accueillait environ 1 million de visiteurs par an avant sa rénovation. Après celle-ci, il dispose d'une capacité de 1,5 à 2 millions de visiteurs par an.

Le musée abrite certains des plus grands chefs-d'oeuvre du Siècle d'Or, qui couvre plus ou moins le XVIIe siècle, dont des toiles de Rembrandt, Johannes Vermeer et Gabriël Metsu, peintres d'une époque à laquelle les Pays-Bas dominaient le commerce mondial.

La richesse du pays permettait aux bourgeois nouvellement riches de commander de nombreux tableaux, la plupart du temps des portraits ou des paysages, à des lieues des représentations bibliques qui ont dominé la Renaissance italienne.

La rénovation aura au total duré dix ans et coûté 375 millions d'euros, un financement assuré par l'Etat néerlandais via le ministère de la Culture, par le Rijksmuseum lui-même et d'autres parrains comme les sociétés Philips ou ING.

La réouverture officielle doit avoir lieu le 13 avril en présence de la reine Beatrix des Pays-Bas, journée lors de laquelle l'entrée au musée, ouvert jusqu'à minuit, sera gratuite. Il s'agira de la dernière apparition publique de la souveraine en tant que chef d'Etat, celle-ci ayant prévu d'abdiquer en faveur de son fils le 30 avril.

Des tableaux accompagnés d'objets d'époque, Extensions, modifications, faux plafonds, le Rijksmuseum s'était étendu de manière disparate au fil des années, aucun plan de grande envergure embrassant une vue globale du musée n'ayant été mis en place sur plus de cent ans d'existence.

Chargés de la rénovation, les architectes sévillans Antonio Cruz et Antonio Ortiz avaient donc pour mot d'ordre de remettre en valeur le travail romantico-gothique de Pierre Cuypers, l'architecte néerlandais ayant dessiné le bâtiment qui accueille le Rijksmuseum depuis 1885.

Un des casse-tête architecturaux a d'ailleurs été le maintien d'une piste cyclable traversant le rez-de-chaussée du bâtiment et utilisée quotidiennement par des milliers de Néerlandais se déplaçant dans la ville.

L'aménagement des salles a quant à lui été confié au Français Jean-Michel Wilmotte, connu notamment pour son travail au Louvre.

La plus grande nouveauté apportée par la rénovation se situe dans la manière dont sont présentées les oeuvres d'art : plus question de séparer les armes, les meubles et les toiles dans différentes salles, elles sont désormais rassemblées par périodes historiques et fonctionnent ensemble comme des fenêtres sur leur époque.

Les toiles du jeune Rembrandt sont dès lors accompagnées d'un cabinet d'ébène fabriqué par un de ses amis, Herman Doomer, un bol en forme d'huître fabriqué par un autre ami, Jan Lutma, et un portrait du poète Constantin Huygens, qui a écrit sur Rembrandt.

Quelques 8.000 pièces au total sont exposées dans 80 salles. Le musée, qui possède une nouvelle entrée via un spectaculaire atrium, a une superficie totale de 30.000 mètres carrés, dont 12.000 réservés aux expositions.

Dans la cour du musée se dresse désormais le pavillon asiatique, un bâtiment ultra-moderne en verre et béton surnommé la "boîte à bijoux", qui accueille une collection d'objets d'art asiatiques dont les plus anciens datent de 2000 avant Jésus Christ.

ndy/cjo/mbr/jh/sh

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