« Le réveil des marchés a donc commencé » (Carmignac)

le , mis à jour à 14:00
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Pour Carmignac, les investisseurs ont enfin commencé à prendre conscience des risques macroéconomiques au cours des deux derniers mois.
Pour Carmignac, les investisseurs ont enfin commencé à prendre conscience des risques macroéconomiques au cours des deux derniers mois.

Carmignac est l’une des seules sociétés de gestion françaises à afficher sa défiance vis-à-vis des marchés actions depuis l’automne dernier. La baisse de début d’année lui a donné raison. Didier Saint-Georges, membre du comité d’investissement de Carmignac, renouvelle encore sa prudence.

Dans le petit monde de la gestion d’actifs française, Carmignac se démarque de ses semblables. Echaudée par l’été 2015 qui a peu réussi à son fonds phare Carmignac Patrimoine, la société de gestion sonne l’alerte depuis l’automne dernier sur les perspectives des marchés boursiers.

« Comme nous l’anticipions, les marchés ont commencé à ouvrir les yeux en ce début d’année 2016 sur les réalités déplaisantes auxquelles ils vont devoir faire face », déclare ainsi Didier Saint-Georges dans la dernière note mensuelle de Carmignac, diffusée mardi 1er mars.

Les acteurs financiers « continuent de se comporter à la manière de somnambules »

Le membre du comité d’investissement de Carmignac, qui passe ainsi pour le Michael Burry du film « The Big Short », poursuit : « Le réveil des marchés a donc commencé. Mais les défis qui se présentent à eux ne nous semblent pas encore reconnus dans leur complexité ».

« Au vu de l’inanité du communiqué final du G20 qui vient de se conclure à Shanghai, il nous semble que Banques centrales comme gouvernements, et à leur suite de nombreux investisseurs, continuent de se comporter à la manière de somnambules, qui avancent sans prendre la mesure de la profondeur du changement de régime en cours ».

Le membre du comité d’investissement de Carmignac détaille : « le consensus nous semble toujours bercé par la confiance que le consommateur américain, fidèle à sa résilience légendaire, saura demeurer exempté du ralentissement. Or l’érosion de l’effet richesse, par le ralentissement de la hausse des prix immobiliers et le retournement des marchés boursiers, va peser sur le consommateur américain ». Dans la même idée, « le consensus demeure à notre avis trop optimiste sur la croissance américaine en 2016. Même complaisance en Europe ».

Restant donc très pessimiste sur le plan macroéconomique, Didier Saint-Georges évoque des « déséquilibres accumulés depuis sept ans », avec notamment la création de « bulles obligataires » et des distorsions de marché dues à la relance tous azimuts de la part des banques centrales.

« En théorie, il n’y a guère de limite aux montants d’achats d’actifs financiers (« assouplissement quantitatif ») que peut effectuer une Banque centrale. Mario Draghi tente d’ailleurs de faire valoir cet argument pour encourager les marchés à ne pas douter de son arsenal. Mais en pratique, toute Banque centrale ne peut manquer de s’interroger sur la poursuite sans fin du gonflement de son bilan, et donc du creusement des déséquilibres qu’elle entraîne, alors que la chute continuelle des anticipations d’inflation témoigne de son inefficacité ».

Carmignac devient davantage opportuniste

Pour Didier Saint-Georges, l’heure de l’accalmie sur les marchés ne serait donc pas pour tout de suite. Il est néanmoins intéressant de remarquer que Carmignac a adopté le mois dernier une ligne stratégique un peu plus opportuniste sur les marchés.

« L’effondrement boursier du secteur bancaire a témoigné d’une prise de conscience tardive et, peut-être par voie de conséquence parfois excessive, de l’écrasement de la capacité bénéficiaire du secteur, sous le poids de taux d’intérêt désormais négatifs, et d’une réglementation toujours aussi pénalisante », affirme Didier-Saint Georges. Comprendre : Carmignac considère que la chute des valeurs du secteur bancaire a été excessive le mois dernier même si le secteur bancaire avait de bonnes raisons de baisser.

En somme, « Nous conservons stratégiquement le positionnement très prudent que nous avions adopté en septembre (…), tout en convertissant quand l’occasion se présente les réactions excessives des marchés en opportunités d’achat à bon compte. De telles opportunités se sont d’ailleurs déjà présentées en ce début d’année, où nous nous sommes portés acquéreurs d’une sélection d’actions et obligations privées du secteur de l’énergie, dont les prix reflétaient des perspectives à moyen terme sur le prix du pétrole excessivement pessimistes selon nous », évoque Didier Saint-Georges.

Ce dernier évoque en conclusion, au nom de Carmignac, le maintien d’« importants investissements de conviction dans les secteurs de croissance », ceux-ci étant néanmoins partiellement couverts « afin de pouvoir [les] conserver à l’abri des risques de marché immédiats ».

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • guerber3 il y a 9 mois

    Carmignac-casino voudrait votre monnaie...!!!

  • M4405433 il y a 9 mois

    M140210 toi tu devrais d'abord apprendre à écrire :-) :-). Retourne jouer avec ton PEA PME et passer tes orders à 2 euros et je te laisse commenter l'actualité comme tu le fais au bistrot du coin - Good luck

  • isadol15 il y a 9 mois

    "Dis mois qui tu suis, je te dirai qui je hais" ... et je suis avec M4404433Le Dragon est plus fort que Saint Georges

  • M140210 il y a 9 mois

    M4405433, tu va bientôt pleurer

  • M4405433 il y a 9 mois

    Saint Georges, si tu connais les marches tu connais l'adage " Don't fight the FED" en d'autres mots ta posture est vaine. Les marches se sont faits peur pour rien en début d'année : pas de recession aux US, reprise graduelle en Europe et banques centrales à la manoeuvre. tout cela n'est que pour justifier vos performances désastreuses de Car Pat :-). rendez vous à 5000 points man

  • LERINS il y a 9 mois

    Les dopages budgétaires et monétaires ayant atteint leurs limites et entraîné une dangereuse spirale de surendettement, il serait grand temps d'utiliser le levier efficace de la fiscalité pour stimuler au maximum les initiatives individuelles et donc une croissance permettant le désendettement. En adoptant sans tarder le principe fiscal d'exonération de la production décrit dans le blog intitulé : REMBOURSER LA DETTE PUBLIQUE SANS APPAUVRIR LES CITOYENS.

  • T20 il y a 9 mois

    Une chance sur deux d'avoir raison OU une chance sur deux de se tromper !Bien vu l'aveugle !

  • mlemonn4 il y a 9 mois

    De quelle hausse du marché parlez vous ? celles des marchés de futures et dérivés pilotés par les hedge funds et spéculateurs, car sur le cash il ne se passe absolument rien, bien au contraire, on continue de vendre les titres !!! Nous retournerons à 3500 car les perspectives économiques ne sont pas brillantes malgré les mensonges assainés tous les jours, mais surtout parce qu'il n'y a plus aucune confiance et qu'aucun problème de fonf n'a été résolu, bien au contraire, par les banques centrales

  • trebi il y a 9 mois

    En somme la hausse encore récente des marchés, sans bonnes nouvelles, est insensée car elle compte bp sur le quantitative easing de la BCE et des autres banques centrales.

  • trebi il y a 9 mois

    Concernant l'assouplissement quantitatif de la BCE. C'est bien dit : 'Toute Banque centrale ne peut manquer de s’interroger sur la poursuite sans fin du gonflement de son bilan, et donc du creusement des déséquilibres qu’elle entraîne'. En effet pourquoi un particulier, une entreprise ou encore un état (voir la Grèce) ne peuvent pas se permettre d'avoir trop de dettes et la Banque Centrale peut, elle, posséder des titres obligataires à risques ?