Le réveil des maisons de campagne 

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Les transactions sur l'immobilier rural ont augmenté de près de 15% l'an dernier, à 6,6 milliards d'euros. Le marché va mieux, mais est encore très contrasté. Les terres agricoles progressent de 1,4%, à 5230 euros l'hectare.

La petite maison dans la prairie fait rêver les Français. «Le marché des maisons à la campagne s'est montré plus actif, avec 34.000 transactions en 2010, soit 14,9% de plus qu'en 2009», souligne Robert Levesque, directeur de la société de conseil d'aménagement foncier rural, Terres d'Europe-Scafr. Cet organisme a publié mardi avec les Safer une étude sur le marché foncier rural. Le prix moyen des biens ­acquis s'élève à plus de 190.000 euros pour une surface d'environ 7300 mètres carrés par lot, terrain compris. «Le marché des maisons à la campagne est alimenté par d'anciens corps de ferme ou d'anciens bâtiments agricoles vendus avec un terrain attenant», rappelle Robert Levesque.

Au total, les transactions sur le foncier bâti se sont élevées à 6,6 milliards d'euros, soit 43% du marché foncier global (15,3 milliards d'euros). Elles dépassent pour la quatrième année consécutive les ventes destinées à l'urbanisation (3,6 milliards d'euros) et celles de terres agricoles (3,5 milliards d'euros). Ces dernières se sont négociées en moyenne à 5230 euros l'hectare en 2010 soit une légère croissance de 1,4% sur un an. Toutefois, «la terre continue de jouer un rôle de valeur ­refuge en période d'incertitudes, remarque André Thévenot, président de la Fédération nationale des Safer. Depuis 1997, la pro­gression est beaucoup plus spec­taculaire: +65% pour les terres ­libres et +35% pour les terres louées».

L'immobilier rural n'a pas retrouvé les prix de 2007

En ce qui concerne les ventes de bâtiments, deux profils d'acquéreurs se côtoient. D'un côté, les jeunes actifs, qui ne peuvent s'offrir une maison en ville, optent pour un logement à la campagne afin de réaliser leur rêve. Ils ont en moyenne moins de 35 ans et ont bénéficié de la baisse des taux d'intérêt pour devenir propriétaire. Ils privilégient les biens péri­urbains à proximité des zones d'emploi. «Les marchés ruraux à proximité des métropoles se transforment progressivement en résidences principales», remarque Bernard Cadeau, président du réseau Orpi. À l'inverse, «les quinquagénaires investissent dans l'espace rural parce qu'ils ont alors un budget suffisant pour acheter une résidence secondaire, éventuellement en prévision de la retraite», ajoute Robert Levesque.

Le marché de l'immobilier rural est à plusieurs vitesses: à proximité des métropoles, les prix sont tirés par ces achats de jeunes actifs. «A contrario, certains marchés ruraux souffrent beaucoup ; le Limousin ou la Dordogne, par exemple, ne sont plus boostés par les Anglo-Saxons», souligne Bernard Cadeau. Même analyse de Me Pierre Bazaille, le président de l'Institut national de l'immobilier. Il rappelle que l'immobilier rural a été le plus touché par la crise. «Aujourd'hui, dans beaucoup de campagnes, les résidences se­condaires ont du mal à se vendre. Les acquéreurs manquent et, dans certaines zones, on peut encore parler de léthargie, par exemple dans certains secteurs de Normandie ou dans le pourtour du Massif central», explique-t-il. Selon Me Bazaille, l'immobilier rural n'a globalement pas retrouvé ses prix de 2007, «même s'ils ont heureusement augmenté l'an dernier». Les volumes de ventes restent eux aussi inférieurs à ceux du début des années 2000.

Quel serait l'effet d'une importante remontée des taux d'intérêt entamée fin 2010? Les experts de la Safer n'écartent pas un retournement du marché de l'immobilier rural comme en 2008 (-4,3%) et en 2009 (-10,2%) après onze ans ininterrompus de hausse depuis 1997.

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