Le retrait de "The Interview" perçu comme une défaite

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(acrtualisé avec déclaration de la Maison blanche) par David Brunnstrom WASHINGTON, 18 décembre (Reuters) - La division cinéma de Sony a annulé mercredi la sortie de sa nouvelle comédie "The Interview", pliant devant les menaces d'une nouvelle attaque informatique et concédant ce qui ressemble à une défaite face aux protestations des autorités nord-coréennes. Le film ("L'Interview qui tue" en français) devait être projeté dans les salles américaines le 25 décembre, mais la société de Culver City a décidé de le retirer de l'affiche craignant une deuxième offensive des hackers qui s'étaient introduits dans ses ordinateurs et ses serveurs le 24 novembre. Les enquêteurs américains ont acquis la conviction que la Corée du Nord était derrière le piratage informatique subi par Sony Pictures 6758.T et Washington devrait prochainement rendre ses conclusions publiques, a indiqué une source gouvernementale américaine. Cette attaque informatique contre Sony a été "parrainée par un Etat", a estimé une autre source alors que les autorités nord-coréennes ont démenti être derrière l'intrusion menée par des pirates le mois dernier. Jeudi, un porte-parole de la Maison blanche a prévenu que les services de sécurité américains qui examinent cette attaque gardaient à l'esprit qu'il fallait une "réponse proportionnée". Ils sont également conscients du fait que les individus qui mènent de telles attaques "cherchent parfois à provoquer une réaction." Il a dit ne pas être en mesure d'attribuer à Pyongyang la responsabilité de l'attaque et déclaré que l'enquête suivait son cours. "The Interview", film d'un budget de 44 millions de dollars, est une comédie dans laquelle deux journalistes sont recrutés par la CIA pour assassiner le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, ce qui a suscité l'indignation à Pyongyang, où on le qualifie d'"acte de guerre". "Les Nord-Coréens sont probablement ravis", a commenté Jim Lewis, membre du Centre pour les études stratégiques et internationales. "Personne n'avait jamais fait une telle chose en termes de manipulation politique. C'est du jamais vu". Cette annulation de la sortie du film, après le refus de plusieurs chaînes de cinéma de le projeter en raison de menaces proférées par des hackers, est perçue comme une défaite inédite. "L'Amérique a perdu sa première 'cyber-guerre' avec le recul de Sony. Il s'agit d'un précédent très, très dangereux", a jugé Newt Gingrich, ancien président républicain de la Chambre des représentants sur Twitter. GROGNE À HOLLYWOOD "Le gouvernement américain travaille sans relâche pour traduire les auteurs de cette attaque devant la justice et nous examinons une série d'options pour une éventuelle réponse", a commenté Bernadette Meehan, porte-parole du Conseil national de sécurité de la Maison blanche. Le FBI a informé mardi les exploitants de salles de cinéma et les entreprises associées à la production du film qu'ils étaient des cibles potentielles d'une cyber-attaque. Le retrait décidé par Sony a aussi provoqué le mécontentement d'acteurs et des réalisateurs à Hollywood qui y ont vu "une menace pour la liberté d'expression". ID:nL6N0U20DI Les pirates, qui ont réussi à s'introduire dans les ordinateurs et les serveurs de Sony, avaient mis en ligne de nombreux documents internes ainsi que des copies de plusieurs productions inédites. Selon un analyste, la perte induite par l'opération de piratage, avant le retrait de "The Interview", atteindrait 10 milliards de yens (84,5 millions de dollars). Dans un scénario catastrophe, cette perte pourrait grimper à 25 milliards de yens (211 millions de dollars), ajoute cet analyste. Sony a précisé ne pas envisager une sortie du film en DVD, en vidéo à la demande ou sur des plates-formes de streaming comme l'ont demandé des spectateurs dans des messages sur les réseaux sociaux. Une chaîne de cinémas au Texas, Alamo Drafthouse, a annoncé qu'elle allait diffuser dans une salle à Dallas-Fort Worth une autre comédie intitulée "Team America: World Police" racontant comment une unité paramilitaire américaine déjoue un complot fomenté par l'ancien dirigeant nord-coréen Kim Jong Il. (Eric Kelsey Lisa Richwine Piya Sinha-Roy,; Bertrand Boucey, Pierre Sérisier et Nicolas Delame pour le service français)

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