Le retrait de l’Etat de France Telecom prépare le terrain à d’autres cessions stratégiques

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La cession par l’Etat de 5 à 7% du capital de France Telecom s’annonce comme un premier test avant les grandes manoeuvres sur d’autres dossiers chauds (Areva, EDF/GDF, Safran/Thalès...)

Non événement. Suite au retrait annoncé de l’Etat de 32,4% à 27,4% jusqu’à 25,4% du capital de France Télécom, le cours de l’opérateur a perdu près de 2%, lundi, atteignant 20,60 euros. « Une réaction épidermique et logique du marché qui correspond à une abondance de l’offre et à un contexte général baissier du CAC » explique Romain Boscher, directeur de la gestion action chez Groupama AM. Ainsi, le placement par l’Etat de 5 à 7% du capital de France Telecom dont les produits seront destinés à la réduction de la dette, est plutôt considéré comme un « non événement par le marché » selon le gérant. « Les seuils symboliques et stratégiques du capital détenu par l’Etat dont la minorité de blocage, ont déjà été franchis » souligne t-il.

Signe précurseur. En revanche, la cession du capital de l’opérateur, réalisée avec une certaine précocité sur le calendrier attendu et à un prix de bas de fourchette(20,40 - 20,70 euros) fait figure de test pour le marché et l’opinion publique. « Alors que la fusion GDF/Suez a été repoussée et que le cours de GDF continue de grimper, la cession d’une partie du capital de France Télécom se réalise rapidement et à un prix très proche du cours. L’objectif est moins de recouvrer la dette que de préparer l’opinion et le marché à d’autres cessions, plus sensibles politiquement. Les autres dossiers (Areva, EDF/GDF...) seront à l’ordre du jour une fois la loi sur le service minimum votée et acceptée » explique André Chassagnol, directeur de la recherche chez HPC. « L’Etat gère son portefeuille d’actifs en fonction du calendrier politique » précise t-il.

Effet nul. La réduction de la dette grâce aux produits de la cession, estimée entre 2,7 et 3,7 milliards d’euros, est en trompe l’oeil pour Romain Boscher de Groupama AM. « Du point de vue des critères du traité de Maastricht, la réduction de la dette brute est bien venue. Mais, si l’on prend en compte la dette nette, la sortie de capital correspond également à une réduction des avoirs publics, donc l’effet est nul. De plus, en terme de flux, les actions France Télécom offrent à l'Etat des rendements très élevés, de l’ordre de 5.7%, alors que les intérêts de la dette s’élèvent à 4,30% » rappelle t-il.

Thibaud Vadjoux


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