Le retour en force des garde-meubles

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Une vingtaine d'usines à box va ouvrir en France en 2012, témoin d'une activité en plein boom.

Entreposer des affaires entre deux déménagements, stocker des archives professionnelles, mettre à l'abri des équipements de ski pendant l'été et l'automne... depuis une quinzaine d'années, les Français découvrent les vertus des «box», les héritiers des anciens garde-meubles. Résultat, la formule importée des États-Unis est en plein boom: les centres comprenant plusieurs centaines de ces petits espaces où les clients peuvent accéder 24 h/24 se multiplient.

Aujourd'hui, on en compte 250 dont une vingtaine ouverts en 2011. Et le maillage de l'Hexagone devrait se poursuivre sur un rythme soutenu avec 20 à 25 nouveaux centres par an à court terme. «Dans trois ans, le secteur devrait générer un chiffre d'affaires de 160 millions d'euros contre 120 millions actuellement», affirme Anne-Catherine Péchinot, qui cumule les casquettes de présidente de la chambre interprofessionnelle du self-stockage et de directrice générale de Homebox, un des plus gros opérateurs.

En fait, trois acteurs font la course en tête sur ce marché presque neuf. D'abord Shurgard, la filiale française de l'américain Public Storage, le leader mondial des usines à «box» (2 200 sites) coté à Wall Street. Le groupe qui possède 56 sites dans l'Hexagone y annonce un chiffre d'affaires de 60 millions d'euros. S'il fait figure de numéro un en France, c'est que la majorité de ses hôtels de stockage (35) est localisée en région parisienne où les prix sont plus élevés qu'en région. Derrière, on trouve l'enseigne «Une pièce en plus». Avec 24 sites - tous en Ile-de-France -, cette filiale du britannique Safestore fait un chiffre d'affaires de 30 millions.

Homebox qui appartient au groupe diversifié français G7 a beaucoup plus de centres (65) que les deux autres mais un plus petit chiffre d'affaires (26 millions). Parce que la plupart de ses hôtels de stockage sont en province et que beaucoup d'entre eux, ouverts récemment, n'ont pas un taux de remplissage optimal. « En moyenne, un site gagne de l'argent au bout de quatre ans, explique Anne-Catherine Péchinot. Et ce métier est très rentable à moyen terme: il offre un TRI (taux de rendement interne) de 11 % sur dix ans.»

Quelques franchisés

À cause de son expansion menée au pas de charge, Homebox aura perdu 2 millions d'euros cette année. En revanche, les autres réseaux qui se développent peu ou pas affichent d'excellents résultats. Sur l'exercice 2009-2010, «Une pièce en plus» a dégagé un résultat avant impôt de 6,9 millions. «Notre marge opérationnelle atteint les 60 %», confie de son côté Isabelle White, patronne de Shurgard en France.

Pour se développer, chacun des acteurs a sa stratégie. Public Storage qui a acheté Shurgard en 2006 ne procède que par acquisition de chaînes existantes. Et comme il y a peu de cibles dans l'Hexagone, son parc reste désespérément stable.

«Une pièce en plus» ouvre des hôtels de stockage au compte-gouttes (3 cette année, 1 en 2012). «Des centres que nous opérons en propre», précise son président, Frédéric Vecchioli. Au contraire, Homebox multiplie les ouvertures - 10 cette année et encore 10 en 2012 - et n'hésite pas à recourir à la franchise (trois en 2011). Une formule gourmande en capitaux. «Quand il est propriétaire du bâtiment, le franchisé doit investir en moyenne 700 000 euros pour le transformer en hôtel de stockage », souligne Anne-Catherine Péchinot.

Mais tous les opérateurs se rejoignent sur un point: pour se faire connaître et attirer des clients qui se renouvellent très vite, rien ne vaut d'être à proximité d'un grand axe de circulation. Ainsi, Homebox, «Une pièce en plus» et Shurgard ont tous un site très proche de l'A 86 qui double le périphérique parisien.

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