Le retour des gros projets d'entrée en Bourse attendu en 2013

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LE RETOUR DES GROS PROJETS D'ENTRÉE EN BOURSE ATTENDU EN 2013
LE RETOUR DES GROS PROJETS D'ENTRÉE EN BOURSE ATTENDU EN 2013

par Blandine Hénault

PARIS (Reuters) - Le marché des introductions en Bourse semble reprendre quelques couleurs à Paris avec une petite dizaine d'opérations envisagées d'ici la fin de l'année, mais les opérations les plus attendues, comme celles de Canal+ France ou de Verallia, ne devraient probablement pas intervenir avant début 2013, estiment des spécialistes du marché primaire.

L'embellie automnale sur les marchés d'actions offre en effet une fenêtre de tir plus favorable aux entreprises pour tenter l'aventure boursière après deux ans de crise financière ayant incité les investisseurs à la prudence.

Depuis le début de l'année, seulement 10 nouvelles sociétés ont été introduites en Bourse via une offre publique, pour un montant de 237,36 millions d'euros, selon des données de Nyse Euronext.

"Le marché des IPO semble vouloir se rouvrir. Il y a eu plusieurs belles opérations en Europe dont celle de l'assureur allemand Talanx et de Direct Line. Actuellement, celle de O2, la filiale de Telefonica en Allemagne se déroule bien", souligne Thierry Olive, responsable mondial des activités Equity Capital Markets chez BNP Paribas.

Dernière opération en date à Paris, la société de biotechnologies Nanobiotix a levé mercredi 14,2 millions d'euros, grâce notamment à une forte demande des investisseurs particuliers. La cotation est prévue dès le 29 octobre sur le compartiment C.

Les autres opérations encore attendues pour la fin de l'année devraient se faire pour moitié sur Nyse Alternext, réservé aux petites valeurs, et l'autre sur Nyse Euronext, avec des capitaux levés de l'ordre de sept millions d'euros à plus de 250 millions d'euros, selon Marc Lefèvre, directeur du développement commercial et des relations émetteurs du listing Europe chez NYSE Euronext.

PAS DE GROSSE OPERATION DEPUIS MEDICA EN 2010

Mais les investisseurs et les banquiers d'affaires parisiens espèrent surtout des projets d'IPO de plus grande envergure en 2013, afin de véritablement relancer le marché primaire actions à Paris, en panne sèche depuis la mise sur le marché de Medica en 2010 (313,7 millions d'euros levés).

La dernière opération de plus d'un milliard d'euros sur la place parisienne remonte à 2007 avec l'introduction en Bourse de Bureau Veritas (1,08 milliard d'euros).

"Il suffirait d'une belle opération à Paris pour redonner confiance aux investisseurs", observe Marc Lefèvre.

En ligne de mire, la mise sur le marché des 20% que détient Lagardère dans Canal+ France et qui avait dû être reportée en mars 2011 en raison des conditions de marché difficiles.

Selon une source proche du dossier, le groupe de médias a engagé des banques pour relancer le processus d'IPO, qui pourrait ainsi s'accélérer dans les semaines qui viennent. (voir )

Les investisseurs attendent également le retour du projet d'IPO de Verallia, la filiale d'embouteillage de Saint Gobain.

"Traditionnellement le processus pour une IPO prend six mois. Mais pour Canal + et Verallia, les documents préparatoires sont déjà prêts. Les deux dossiers peuvent donc ressortir relativement vite, en un mois à un mois et demi", souligne un banquier parisien.

"PAS À N'IMPORTE QUEL PRIX"

La Fnac, le pôle électrique de Bolloré et la Coface devraient aussi se coter à la Bourse de Paris dès l'année prochaine.

Mais si le "pipeline" des opérations d'IPO à Paris se remplit pour 2013, la prudence reste de mise.

"Actuellement, les fenêtres de tir pour une IPO s'ouvrent et se referment très rapidement. Il va falloir plus de stabilité sur les marchés pour que les entreprises prennent le risque de faire une IPO, surtout si elles ont été échaudées par une première tentative avortée", souligne Luis Vaz Pinto, responsable mondial des marchés de capitaux actions chez Société Générale.

Surtout, les entreprises vont devoir faire des efforts sur les prix.

"On peut voir le marché primaire se relancer mais il faut que les niveaux de valorisation restent raisonnables. Les investisseurs sont prêts à prendre du risque mais pas à n'importe quel prix", explique Thierry Olive chez BNP Paribas.

Ainsi, Lagardère valorise-t-il dans ses comptes les 20% qu'il détient dans Canal + France à 1,197 milliard d'euros. Mais selon une source bancaire française, cette participation vaudrait désormais moins de 900 millions d'euros.

De son côté, l'offre portant sur 40% des actions Verallia cédées par Saint-Gobain faisait ressortir en juin 2011 une valorisation comprise entre 2 milliards et 2,4 milliards d'euros.

"L'opération devrait sortir à un prix inférieur", a estimé un autre banquier.

* Voici les principales opérations attendues :

CANAL+ FRANCE

Lagardère a relancé le processus d'introduction en Bourse (IPO) de ses 20% détenus dans Canal+ France, plusieurs banques ayant été recrutées pour l'opération, a déclaré à Reuters une source proche du dossier.

Une source au sein de Nyse Euronext a indiqué que le dossier de l'IPO de Canal Plus France était "dans la dernière ligne droite" et pourrait aboutir "en toute fin d'année".

Toutefois, une autre source au sein d'une banque en charge de l'opération a estimé qu'il serait "extrêmement difficile" de parvenir à une mise sur le marché de Canal + France d'ici la fin 2012, la fin d'année étant peu propice à des opérations de cette ampleur.

VERALLIA

Autre dossier en souffrance depuis l'été 2011, le projet d'IPO de Verallia devrait intervenir "plutôt en 2013", explique une source au sein de Nyse Euronext.

L'avertissement sur les résultats lancé en juillet par Saint-Gobain aurait pu inciter la maison-mère à ne pas se défaire dans l'immédiat de sa filiale, fait-on valoir chez l'opérateur boursier.

En juin 2011, c'était déjà un avertissement sur résultats, celui du concurrent direct de Verallia, l'américain Owens Illinois, qui avait été cité parmi les causes du manque d'appétit des investisseurs pour la mise sur le marché de l'embouteilleur.

Du côté de Saint-Gobain et de Verallia, on indique qu'une IPO reste d'actualité mais qu'elle ne devrait pas intervenir dans les prochains mois.

LA FNAC

Selon une source, des discussions sont actuellement en cours chez Nyse Euronext concernant l'introduction en Bourse du distributeur, filiale du groupe PPR.

Une autre source bancaire a indiqué que la mise sur le marché pourrait intervenir en mars ou avril 2013.

Toutefois, l'opération ne se fera pas sous la forme d'une offre publique mais via une distribution d'actions Fnac aux actionnaires de PPR selon le modèle de GDF Suez et de Suez Environnement.

BOLLORÉ

L'entrepreneur breton Vincent Bolloré va tester l'appétit des investisseurs en mettant sur le marché entre 10 et 20% de son activité de batteries et de voitures électriques.

L'IPO du pôle électrique de Bolloré est prévue à l'automne 2013.

Selon une source proche du dossier, le groupe pourrait préciser ses intentions et son calendrier en mars prochain.

LA COFACE

Autre dossier en cours, l'introduction en Bourse de la Coface devrait intervenir l'année prochaine, selon plusieurs sources bancaires.

L'assureur-crédit, sorti de la cote en 2002, avait annoncé en mars dernier vouloir faire son retour sur le marché.

La semaine dernière, une porte-parole de Natixis, maison-mère de l'assureur crédit, a indiqué à Reuters qu'un calendrier précis n'avait pas encore été établi.

GROUPAMA

Le projet d'introduction en Bourse de l'assureur - "serpent de mer" des marchés selon l'expression d'un banquier - pourrait revenir à plus ou moins long terme à Paris.

"Le dossier d'une IPO de Groupama devrait un jour revenir sur la table", estime ainsi ce banquier, alors que la direction du groupe d'assurances a annoncé en février dernier qu'elle renonçait à son projet de mise sur le marché.

"Jusqu'ici, l'assureur était en compétition avec Talanx pour savoir qui allait lancer son introduction en Bourse en premier. Maintenant que c'est chose faite pour Talanx, Groupama n'a plus la pression sur un quelconque calendrier", estime-t-il.

ODIGEO

NYSE Euronext mène des discussions sur le dossier de l'IPO du voyagiste Odigeo, a indiqué une source au sein de l'opérateur boursier.

Fin septembre, des sources proches du dossier avaient affirmé à Reuters que les actionnaires d'Odigeo, les fonds Axa Private Equity et Permira envisageaient une entrée en Bourse pour le site de voyage en ligne soit à Londres, Paris ou Madrid.

Edité par Jean-Michel Bélot

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  • M3748275 le mercredi 24 oct 2012 à 16:20

    rien de folichon ! La fnac...mouai, pour dellester Bolore de sa filiale qui bas de l'aile ! La Coface...c'est du rechauffe, elle etait deja sur le marche il y a peu de temps. GROUPAMA...la boite a fait faillite, super ! Canal+ est deja cote ! IL FAUDRAI DE LA NOUVEAUTE, ET DES VALEURs QUI ONT DE L'AVENIR si possible !