Le retour aux sources des Réunionnais de la Creuse

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Le retour aux sources des Réunionnais de la Creuse
Le retour aux sources des Réunionnais de la Creuse

Ils sont heureux. Plus de cinquante ans après avoir été déracinés de leur île, les « Réunionnais de la Creuse », ces enfants arrachés à leur famille et envoyés en métropole pour repeupler les départements ruraux, vont enfin pouvoir bénéficier d'un billet de retour vers leur île natale. Un billet payé à 90 % par l'Etat qui n'a reconnu que récemment sa responsabilité dans cette migration forcée, organisée entre 1963 et 1982 sous l'autorité de Michel Debré.

 

Il n'a pas fallu longtemps après l'annonce, mi-février, de cette « bourse de mobilité » par la ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts pour que le périple s'organise. « On se bat depuis tant d'années ! Certains pourront enfin retrouver leur famille, découvrir leurs origines », se félicite Simon A-Poi. Le président de l'Association des Réunionnais de la Creuse projette un voyage de groupe en octobre avec quinze personnes domiciliées dans le département. « On nous finance trois nuitées, mais nous comptons rester deux semaines sur place. Rendez-vous compte de l'importance de ces billets d'avion ! Certains n'ont jamais revu la Réunion ! »

 

Arrivé en septembre 1966

 

Aujourd'hui âgé de 63 ans, il avait été séparé de sa famille à l'âge de 12 ans. « C'était le 6 septembre 1966. On est arrivés dans Creuse à bord de deux cars pleins. J'ai été placé successivement dans deux familles d'accueil. Ici, on s'ennuyait à mourir. Une fois adulte, je suis retourné sur l'île et j'ai fait la connaissance de deux demi-sœurs et d'un demi-frère. Je ne savais même pas qu'ils existaient... » Selon les derniers chiffres connus, on estime à 2 150 les enfants réunionnais ayant été envoyés en métropole pour repeupler 64 départements. Avec des des promesses : faire des études, trouver du travail et de pouvoir retourner dans leur île.

 

« On attend toujours les billets de retour », dénonçait, l'un d'eux, Jean-Charles Pitou, que nous ...

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