Le résultat opérationnel de Renault en hausse malgré l'Europe

le
0
PROGRESSION DU RÉSULTAT OPÉRATIONNEL DE RENAULT AU 1ER SEMESTRE
PROGRESSION DU RÉSULTAT OPÉRATIONNEL DE RENAULT AU 1ER SEMESTRE

par Gilles Guillaume

BOULOGNE-BILLANCOURT (Hauts-de-Seine) (Reuters) - Renault a fait état vendredi d'une hausse de son résultat opérationnel au premier semestre, la maîtrise de ses prix et la réduction de ses coûts lui ayant permis de compenser l'anémie du marché automobile européen.

Le constructeur a dégagé sur les six premiers mois de l'année une marge opérationnelle de 583 millions d'euros, en hausse de 14,8%, alors que son chiffre d'affaires a baissé de 0,9% à 20,44 milliards d'euros.

La marge opérationnelle de la seule branche automobile a quasiment doublé sur la période à 211 millions d'euros.

"Nous avons eu une politique de prix assez rigoureuse, y compris en Europe", a commenté Dominique Thormann, directeur financier de Renault, au cours d'un point de presse.

"Et nous avons un mix qui s'améliore aussi : dans le nombre de voitures qu'on vend, on vend plus de voitures plus chères."

Le groupe, aidé en cela par le lancement de nouveautés comme Clio 4, Captur ou les nouvelles Dacia Sandero et Logan, est ainsi parvenu à compenser la vigueur de l'euro face à plusieurs devises sud-américaines ou au rouble.

"Le deuxième semestre devrait être moins difficile que le premier, mais c'est essentiellement tiré par le marché anglais", a déclaré Carlos Tavares, directeur général délégué du groupe. "Donc toujours un marché européen orienté à la baisse et à des niveaux particulièrement faible."

Renault n'en a pas moins confirmé ses objectifs annuels, notamment une hausse de ses ventes et un free cash flow opérationnel de l'automobile positif. Au premier semestre, ce dernier est ressorti quasiment à l'équilibre, à -31 millions d'euros.

"Il était loin d'être acquis que Renault confirme ses prévision annuelles, qui étaient basées sur une estimation d'un marché européen en baisse de 5% en 2013. L'Europe suit toujours cette trajectoire (...) et au final, Renault a confirmé ses objectifs (...) ce que nous jugeons très encourageant", commente Citi dans une note.

PROVISION SUR L'IRAN

Le groupe, qui a signé en mars un accord de compétitivité en France, a vu en revanche son résultat d'exploitation affecté par une provision de 512 millions d'euros liée à l'impact du durcissement des sanctions internationales sur l'activité en Iran. Au premier semestre, les ventes de voitures livrées en kit et assemblées en Iran ont chuté de 47,2%.

"Le système des sanctions a été durci au mois de juin, puisque l'activité automobile a été incluse dans ce régime par les Etats-Unis", a expliqué Dominique Thormann, ajoutant que la filiale iranienne était déconsolidée depuis le début du mois.

"La provision qu'on passe aujourd'hui dans nos comptes correspond à la valeur des actifs que nous avons, essentiellement de l'argent qu'on ne peut pas rapatrier."

PSA Peugeot Citroën, qui publiera ses semestriels mercredi prochain, a suspendu ses livraisons à l'Iran depuis février 2012, au moment de l'annonce de son alliance avec General Motors. Renault va à son tour interrompre progressivement ses approvisionnements de pièces, en provenance surtout de son usine roumaine mais aussi de France.

Au total, le résultat d'exploitation semestriel de Renault a été négatif de 249 millions d'euros, contre un bénéfice de 545 millions un an plus tôt. Il a également été amputé par une provision d'au moins 85 millions liée à la faillite du fabricant de batteries interchangeables Better Place, pour lequel il avait développé un véhicule, et par 173 millions de charges de restructuration liées à son accord de compétitivité en France.

Le bénéfice net, part du groupe, est du coup tombé à 39 millions d'euros, contre 734 millions (chiffre retraité avec les nouvelles normes comptables) un an plus tôt.

En Bourse, après une ouverture en fanfare en tête des hausses de l'indice CAC 40, l'action Renault efface ses gains en milieu de journée (-0,27% à 59,52 euros à 12h08) avec son secteur qui signe la plus forte baisse en Europe (-0,9%).

Avec Laurence Frost, édité par Dominique Rodriguez

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant