Le résultat d'Intesa Sanpaolo dans le rouge au 4e trimestre

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LE RÉSULTAT TRIMESTRIEL D'INTESA SANPAOLO PLONGE DANS LE ROUGE
LE RÉSULTAT TRIMESTRIEL D'INTESA SANPAOLO PLONGE DANS LE ROUGE

par Silvia Aloisi

MILAN (Reuters) - Intesa Sanpaolo a subi une perte nette de 10,1 milliards d'euros au quatrième trimestre, la première banque de détail en Italie ayant, comme sa rivale UniCredit, passé des milliards d'euros de dépréciations pour renforcer un bilan affecté par la crise de la dette de la zone euro.

Elle précise dans le communiqué de ses résultats qu'elle devra réviser les objectifs de son "business plan" en raison des turbulences des marchés et du risque que l'économie italienne se contracte, peut-être de 2,2%, cette année.

"Nous ne savons pas ce qui nous attend mais nous n'en sommes pas moins bien préparés à affronter de solides obstacles", avait dit l'administrateur délégué Enrico Cucchiani à des analystes mercredi.

La banque affirme qu'elle a passé une "dépréciation très prudente" sur la survaleur de transactions passées. Elle ne donne pas de précisions sur ses 10,2 milliards de dépréciations mais des analystes expliquent qu'elles sont liées à la fusion d'où est née la banque en 2007 - représentant une valeur de 37 milliards de dollars à l'époque - et à l'achat de Carifirenze.

Ces dépréciations n'auront aucun impact sur le capital, la liquidité et le cash flow, un élément qui explique que l'action connaisse une hausse de 2,74% à 1,54 euro, les investisseurs étant soulagés que l'établissement ait assaini ses comptes, tirant un trait sur les pires moments d'une crise qui a également affecté durement les banques italiennes.

L'indice sectoriel européen gagnait 0,13% dans le même temps.

"Les résultats bruts sont bons, pas d'exceptionnels. Globalement, la banque est bien placée maintenant", dit un trader.

Malgré sa grosse perte, Intesa a dit qu'elle verserait un dividende de 0,05 euro par action contre 0,08 euro en 2010. Le ratio dur Tier 1, ajusté aux normes établies par l'Autorité bancaire européenne, ressortait à fin 2011 à 9,2% après dividende.

Intesa, qui s'est dotée d'un nouveau chef en novembre, est la seule des grandes banques italiennes qui n'avait aucun déficit en fonds propres suivant les normes de l'ABE.

Mais elle serait fragilisée si l'économie italienne subissait un nouvel accès de faiblesse car elle tire 80% de ses revenus localement.

Intesa est aussi la banque la plus exposée à la dette souveraine italienne, avec un encours d'une soixantaine de milliards d'euros, un peu moins que fin septembre.

Elle a souscrit aux opérations de refinancement à trois ans de la Banque centrale européenne à hauteur de 36 milliards d'euros, soit plus qu'aucune autre banque italienne.

Enrico Cucchiani, l'ancien patron d'Allianz en Italie, a succédé à Corrado Passera, ce dernier étant entré au gouvernement en tant que ministre de l'Industrie.

Afin de réduire les coûts et d'assainir son bilan, Intesa a annoncé son projet de supprimer 5.000 emplois d'ici la fin 2013 et a cédé le mois dernier pour 1,6 milliard d'euros de créances douteuses.

Sur les trois derniers mois de 2010, Intesa avait dégagé un bénéfice de 505 millions d'euros.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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