Le responsable des droits de l'homme de l'Onu en RDC expulsé

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(Actualisé, Zeid Raad al Hussein, derniers paras) KINSHASA, 19 octobre (Reuters) - Le directeur du bureau de l'Onu pour les droits de l'homme en République démocratique du Congo (RDC) a été expulsé après avoir publié un rapport très critique envers la police congolaise mais entend bien retourner à Kinshasa, a déclaré dimanche un porte-parole des Nations unies, Carlos Araujo. La mission de l'Onu sur place a confirmé avoir reçu jeudi dernier une demande officielle du gouvernement du président Joseph Kabila exigeant le départ de Scott Campbell, qui a quitté le pays vendredi - officiellement "pour des congés prévus de longue date". "Nous nous attendons à ce qu'il revienne en RDC", a toutefois précisé dimanche dans un courriel Carlos Araujo. Le porte-parole du gouvernement de Kinshasa, Lambert Mende, a déclaré que Scott Campbell ne pourra pas revenir dans le pays en tant que directeur du bureau de l'Onu pour les droits de l'homme. S'il veut revenir à titre personnel, a-t-il ajouté, il faut qu'il s'adresse aux services consulaires de la RDC. Dans son rapport contesté par le gouvernement, Scott Campbell accuse la police congolaise d'exactions lors d'une opération contre les délinquants de Kinshasa entre novembre 2013 et février 2014. Le ministre de l'Intérieur Richard Muyej l'a accusé de chercher à déstabiliser le gouvernement et l'a déclaré persona non grata. Le haut commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme, Zeid Raad Al Hussein, a dénoncé la décision de Kinshasa et précisé que deux autres membres du personnel de l'Onu en RDC avaient été menacés. "C'est inacceptable", a-t-il déclaré dans un communiqué en dénonçant des "actes d'intimidation et de représailles très inquiétants". (Aaron Ross avec Tom Miles à Genève; Guy Kerivel pour le service français)

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