Le réseau Natura 2000 continue de se développer

le
0
La biodiversité européenne demeure dans un état préoccupant.
La biodiversité européenne demeure dans un état préoccupant.

L'Europe comptera cette année vingt-cinq mille kilomètres carrés de surfaces protégées supplémentaires.


La perte constante de biodiversité rend cette évolution incontournable. Aux prises à la fois avec la surpêche, la pollution, le réchauffement climatique et l'acidification des océans qui en découle, les espèces marines manquent encore de « sanctuaires ». Leur avenir est plus que jamais incertain et il en est malheureusement de même concernant un grand nombre de leurs homologues terrestres, auxquelles l'Europe a néanmoins donné un joli coup de pouce en début de semaine.


Le réseau Natura 2000 - qui regroupe et préserve des sites naturels du Vieux Continent et a été qualifié d'« épine dorsale » de la politique européenne de sauvegarde des écosystèmes par le Commissaire européen à l'Environnement Janez Potocnik, cité par nos confrères du Monde - compte en effet deux cent trente-cinq nouveaux sites depuis lundi, soit une augmentation des surfaces protégées de quelque vingt-cinq mille kilomètres carrés (NDLR : Un peu plus du quart de la superficie du Portugal). Celles-ci couvrent désormais plus de 18 % des terres communautaires et environ 4 % des mers, a indiqué Bruxelles.


Dans le détail, la Roumanie peut se prévaloir de la hausse la plus importante sur terre (+ cinq mille six cent trente kilomètres carrés), la Grande-Bretagne enregistrant de son côté une augmentation de douze mille kilomètres carrés de la superficie de ses aires marines protégées en mer du Nord « autour du Dogger Bank, un bassin peu profond où les poissons viennent frayer autour de bancs de sables immergés ». « Ajoutée aux zones Natura 2000 allemande et hollandaise, cette aire crée une zone protégée transfontalière de dix-huit mille kilomètres carrés », rapporte le site Internet du quotidien.



D'énormes progrès restent à accomplir


Vingt pays ont par ailleurs participé à l'extension du réseau Natura 2000 en 2012. Parmi eux, la France, qui s'est attachée à sécuriser le joli bois de Païolive, lequel s'étend sur seulement seize kilomètres carrés, mais abrite un nombre inhabituellement élevé d'espèces animales et végétales, ainsi que la basse vallée du Chassezac (Ardèche) ; la Bulgarie, qui a pris des dispositions afin de mieux protéger ses loups, lynxs et tortues ; et le Danemark, toujours très rigoureux sur le plan de la protection de l'environnement et qui en 2012 a porté une attention particulière au marsouin commun, le plus petit des cétacés présents dans les eaux territoriales européennes.


Le réseau Natura 2000 ne constitue cependant pas une « assurance tous risques », loin de là. Il n'est ainsi pas parvenu à freiner l'érosion des écosystèmes et les États disposent d'un délai de six ans pour prendre des mesures concrètes de protection des espaces naturels qui en font partie.


Trop long de l'avis de nombreux spécialistes et ONG, tandis que des investigations poussées ont révélé en 2009 qu'à peine 17 % des espèces et des habitats intégrés au dispositif étaient dans un état de conservation satisfaisant. Les règlementations actuelles souffrent pour pléthore d'entre elles d'une légèreté coupable et il n'est pas rare que des infrastructures soient construites sur des sites officiellement protégés, mais qui en réalité ne sont associés à aucun objectif de préservation.


De fait, si l'extension de Natura 2000 ne saurait être considérée comme une mauvaise nouvelle, il serait hautement souhaitable de renforcer la législation. Dans le cas contraire, on voit mal comment l'Union Européenne (UE) réussira à honorer son engagement de restaurer 15 % des écosystèmes dégradés lors de la décennie écoulée à l'horizon 2020.


Lire la suite
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant