Le renvoi du Dr Bonnemaison devant les assises requis

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LE RENVOI DU DOCTEUR BONNEMAISON DEVANT LES ASSISES REQUIS PAR LE PARQUET DE BAYONNE
LE RENVOI DU DOCTEUR BONNEMAISON DEVANT LES ASSISES REQUIS PAR LE PARQUET DE BAYONNE

BORDEAUX (Reuters) - Le parquet de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) a requis la semaine dernière le renvoi devant la cour d'assises de l'ancien urgentiste de l'hôpital de la ville, le Dr Nicolas Bonnemaison, pour huit cas d'empoisonnement de malades en fin de vie, a-t-on appris lundi auprès d'un de ses avocats.

Agé de 53 ans, le médecin avait été mis en examen en août 2011, puis en janvier 2012 pour empoisonnements sur sept personnes particulièrement vulnérables - des patients très malades dont il aurait abrégé la vie dans son service par injection létale.

Le médecin a ensuite été placé sous le statut de témoin assisté pour un huitième cas de décès suspect mais n'a pas été poursuivi pour un neuvième. Le parquet a réclamé un non-lieu pour ce cas pour lequel aucun élément probant n'a pu être avancé.

Depuis que cette affaire a éclaté, le médecin urgentiste n'a jamais nié les faits et a admis leur gravité mais il a également souligné avoir agi dans le seul but d'abréger les souffrances de ses patients.

Selon Me Benoît Ducos-Ader, l'un de ses avocats, "Nicolas Bonnemaison est prêt à se défendre devant un jury populaire".

"On ira s'expliquer devant la cour d'assises. On fera citer toutes personnes qui peuvent témoigner sur ces questions d'euthanasie. On examinera de près les questions qui vont bien au-delà de la problématique liée à cette affaire", a indiqué l'avocat à Reuters.

L'avocat a également souligné avoir appris l'existence de ce réquisitoire lundi sur le site internet du journal Sud-Ouest et qu'il avait, avec son confrère Arnaud Dupin, "(...) été obligé de téléphoner pour en demander la copie".

Le 24 janvier, Nicolas Bonnemaison avait été radié par le Conseil de l'Ordre des médecins.

Quelques jours plus tard, plus de 240 médecins avaient adressé une lettre ouverte au président François Hollande, aux ministres de la Santé et des Personnes âgées ainsi qu'au Conseil de l'Ordre, pour demander la suspension de cette décision.

Le chef de l'Etat a récemment annoncé que la question de la fin de vie ferait l'objet d'un projet de loi avant la fin de l'année, à l'issue d'un débat national que préconise le Comité consultatif d'éthique (CCNE).

Claude Canellas, édité par Marion Douet et Jean-Loup Fiévet

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