Le renchérissement du pétrole menace la Bourse

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(lerevenu.com) - En Bourse, l'été sera-t-il meurtrier ? s'interrogent certains gérants de fonds français. Il est certain que si le prix du pétrole continue de s'apprécier comme il le fait depuis quelques jours, un net repli des marchés boursiers pourrait, en effet, ternir la période estivale. Une preuve a contrario : jeudi, en cours de séance, les valeurs de services pétroliers se voyaient d'ailleurs ragaillardies par le regain de fermeté des prix du baril. Technip, le titre du groupe d'ingénierie et de gestion de projet pour l'industrie pétrolière progressait de plus de 2% et CGG, le leader mondial des études sismiques avançait, lui, de 3%. Toute nouvelle avance des prix du pétrole pousse le marché à prévoir une accélération des recherches de pétrole et de gaz, ce qui profite aux grands spécialistes français du secteur. 

À l'inverse, Air France-KLM, grand consommateur de kérosène, s'effritait de 0,5%, jeudi en séance, creusant son recul des cinq dernières séances de Bourse (?7%). Pourtant, ce jour-là, le prix du brut marquait une pause après sa remontée des derniers jours. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août valait, en effet, 108,20 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 31 cents par rapport à la clôture de mercredi. Néanmoins, le Brent se situe a un nouveau plus haut depuis début avril.   

L'envolée des prix du brut, ces derniers jours, a été alimentée par la publication d'une forte chute des stocks pétroliers aux Etats-Unis, provoquée en partie par une météo inhabituellement froide pour la saison dans les pays de l'OCDE. En outre, la gravité de la situation politique en Egypte continue de faire craindre un embrasement de la région, dont un blocage du canal de Suez. Ce surcroît de demande de pétrole intervient au moment où les automobilistes américains se déplacent le plus et consomment davantage d'essence, pour leurs vacances d'été.
 
Enfin, les prévisions de moyen terme, publiées jeudi, de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) accréditent la thèse d'une demande en croissance, alors que des incidents en Libye, en Irak et au Nigeria ont déjà réduit la production de l'Opep de 370.000 barils par jour. L'AIE envisage, en effet, pour sa première prévision pour 2014, une hausse attendue de la consommation de 1,2 million de barils par jour, par rapport à cette année, pour atteindre un nouveau record de 92,0 millions de barils par jour, du fait d'une amélioration attendue de l'économie mondiale.

La montée des prix du brut favorise les cours des titres de groupes liés aux services pétroliers, tels Technip, CGG ou Vallourec. Mais, les secteurs d'activités très gourmandes en énergie (cimenteries, transport, chimie, etc.) pourraient souffrir d'un alourdissement de leur facture pétrolière. Dans une étude parue, ce jeudi, le courtier Oddo Securities a ainsi calculé qu'une augmentation de 5 dollars par baril du prix du carburant réduirait de 25% le résultat d'exploitation d'Air France-KLM. Et, en Bourse de Paris, le transporteur aérien ne serait pas le seul à cristalliser les craintes des investisseurs, si le prix du baril devait continuer à s'apprécier. 
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