Le règlement prévu d'un litige fiscal pèse sur le titre Orange

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POURSUITE DU RECUL DES RÉSULTATS D'ORANGE AU 2E TRIMESTRE
POURSUITE DU RECUL DES RÉSULTATS D'ORANGE AU 2E TRIMESTRE

par Cyril Altmeyer et Leila Abboud

PARIS (Reuters) - Orange recule fortement en Bourse jeudi après avoir annoncé qu'il allait devoir verser au fisc 2,150 milliards d'euros au second semestre en règlement d'un litige fiscal datant de 2005.

Les investisseurs connaissent bien l'affaire, liée à des divergences sur la comptabilisation de pertes au sein de filiales après la simplification du groupe en 2005, mais ils ne s'attendaient pas une telle facture, soulignent les analystes.

"Ce redressement fiscal aura un impact négatif de 1,275 milliards d'euros sur notre valorisation du groupe, soit un impact négatif d'environ 6% sur le cours en Bourse", soulignent les analystes de Citigroup dans une note.

Le dépôt d'un recours contre la décision du tribunal, qu'Orange compte déposer dans les prochains jours, ne le dispense pas de régler l'amende dans l'attente du résultat de sa procédure.

Ce versement, provisionné depuis 2005, n'aura d'impact ni sur les comptes d'exploitation du groupe, ni sur sa dette, a souligné le directeur financier Gervais Pellissier lors d'une conférence téléphonique.

L'action Orange accuse la deuxième plus forte baisse du CAC 40 vers 11h45, reculant de 4,45% à 7,405 euros.

L'EFFET "FREE" COMMENCE A S'ÉMOUSSER

La baisse des résultats au deuxième trimestre est, elle, conforme aux attentes des analystes, alors que l'effet "Free" tend à s'émousser en France.

Orange, quatrième opérateur télécoms européen, dit avoir notamment profité des performances de EE, premier opérateur mobile britannique qu'il détient en coentreprise avec Deutsche Telekom, qui a augmenté de 9% ses bénéfices au premier semestre et affiche des marges record.

L'introduction en Bourse d'environ 30% d'EE n'aura pas lieu avant 2014, afin de lui laisser plus temps pour montrer au marché l'amélioration de ses performances financières, a déclaré Gervais Pellissier.

EE a bénéficié du succès de ses forfaits de téléphonie mobile, dont les offres de quatrième génération (4G).

La 4G a également connu un démarrage "satisfaisant" en France, où les clients dépensent en moyenne 10% de plus par mois que les clients ayant la 3G, a précisé Gervais Pellissier.

Orange vise un million de clients 4G en France à la fin de l'année contre 250.000 actuellement.

Le premier opérateur télécoms français a dégagé au deuxième trimestre un excédent brut d'exploitation (Ebitda) de 3,293 milliards d'euros, en baisse de 8,4% à données comparables, donnant une marge réduite de 1,3 point à 31,9%, avec un chiffre d'affaires en recul de 4,8% à 10,323 milliards d'euros.

"Le deuxième trimestre ne nous a pas ajouté de mauvaise nouvelle supplémentaire en termes de prix", a dit Gervais Pellissier.

Il a précisé qu'à la fin de l'année 90% des clients français seraient sur des tarifs établis après l'arrivée fracassante de Free Mobile en janvier 2012, ne laissant plus beaucoup de réajustement à la baisse de ces tarifs à attendre pour 2014.

Les premiers effets des mesures d'économies d'Orange lui ont permis confirmer son objectif de cash flow opérationnel supérieur à sept milliards d'euros pour cette année et le groupe a annoncé un acompte sur dividende de 0,30 euro pour l'exercice 2013.

Cyril Altmeyer et Leila Abboud, édité par Jean-Michel Bélot

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