Le régime syrien et la Russie intensifient l'offensive à Alep

le , mis à jour à 15:57
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    * Alep est un objectif primordial pour Damas et ses alliés 
    * La défense civile ciblée à plusieurs reprises 
    * Les rebelles parlent de bombardements sans précédent 
    * L'armée syrienne prépare une opération au sol 
 
 (Actualisé avec précisions, déclarations) 
    par Ellen Francis et Tom Perry 
    BEYROUTH, 23 septembre (Reuters) - D'intenses bombardements 
aériens ont à nouveau visé les quartiers rebelles d'Alep 
vendredi, quelques heures après l'annonce par l'armée syrienne 
d'une offensive pour reprendre la plus grande ville de Syrie, 
ont annoncé les services de secours de la ville et 
l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). 
    L'armée de Bachar al Assad, appuyée par la Russie, a appelé 
jeudi soir les civils à évacuer les quartiers est d'Alep, où 
vivraient encore quelque 250.000 habitants et qui avait déjà été 
la cible jeudi des plus violents bombardements depuis des mois. 
  
    Selon Ammar al Selmo, qui dirige les "casques blancs" de la 
Défense civile syrienne à Alep, trois centres de l'organisation 
de secours sur quatre ont été touchés par des bombardements dont 
deux ont été mis hors service, reflétant la volonté du pouvoir 
et de ses alliés de priver la population de toute aide possible 
et de la contraindre à quitter la zone. 
    Les raids de vendredi font suite à l'échec dans la nuit 
d'une réunion du Groupe international de soutien à la Syrie 
(GISS) à New York, où les Etats-Unis et la Russie n'ont pas 
réussi à s'entendre sur une réinstauration de la trêve qu'ils 
avaient négociée au début du mois.   
    "Nous pouvons dire aujourd'hui que notre travail a cessé en 
raison d'une pénurie de carburants, de la destruction de nos 
équipements et de l'intensité des bombardements", a déploré 
Ammar al Selmo, dont l'organisation de volontaires a reçu jeudi 
le "prix Nobel alternatif" en Suède.   
     
    "ANÉANTISSEMENT" 
    "Ce qui se déroule actuellement, c'est une véritable 
opération d'anéantissement, dans tous les sens du terme", a 
déclaré Ammar al Selmo. "Les bombardements d'aujourd'hui sont 
plus violents et impliquent un plus grand nombre d'avions." 
    La vague de bombardements a commencé à 06h00 (03h00 GMT) 
après d'autres raids dans la nuit, a précisé Ammar al Selmo. 
    D'après l'OSDH, au moins 40 frappes aériennes ont touché 
Alep depuis minuit. 
    Des rebelles et l'OSDH affirment que les raids aériens ont 
été menés par des avions aux technologies de pointe ne pouvant 
appartenir qu'à la Russie. Des habitants ont également évoqué la 
présence d'hélicoptères larguant des barils d'explosifs, une 
tactique habituellement utilisée par le régime de Damas. 
    "Les entendez-vous ? Le quartier est visé en ce moment par 
des missiles. On entend les avions en ce moment", a déclaré à 
Reuters Mohammed Abou Radjab, un radiologue. "Les avions, 
hélicoptères, bombardiers ne quittent pas le ciel." 
     
    TROUPES AU SOL PRÉVUES 
    Selon un commandant rebelle, ces bombardements sont les plus 
violents subis par la ville depuis le début du conflit. 
    "J'ai été réveillé par une puissante secousse alors que 
j'étais loin de l'endroit atteint par le missile", a-t-il dit 
dans un enregistrement audio adressé à Reuters, précisant que 
des membres de son groupe étaient ensevelis sous les décombres. 
    Dans un communiqué publié jeudi soir, l'armée syrienne a 
annoncé "le lancement d'une opération sur les quartiers-Est 
d'Alep" et demandé à la population de se tenir éloignée des 
"quartiers-généraux et positions des bandes terroristes". 
    Le message ne donne pas de précisions sur l'opération, mais 
une source proche de Damas a dit à Reuters que les opérations au 
sol n'avaient pas encore commencé. 
    De source militaire syrienne, on apprenait toutefois 
vendredi que cette offensive dans les quartiers rebelles d'Alep 
était une "opération complète" impliquant une intervention au 
sol, même si l'artillerie et l'aviation pourraient continuer à 
préparer le terrain "pendant un certain temps".  
    "En ce qui concerne les raids aériens et les tirs 
d'artillerie, ils pourraient durer un certain temps suivant la 
situation au sol et les pertes des terroristes (...). Comme 
toute opération militaire, cela débute avec des barrages 
d'artillerie et des raids aériens, puis les troupes au sol 
agissent en fonction des résultats des frappes et de leur 
impact", a-t-on déclaré.  
    La Russie et le gouvernement syrien n'ont pour le moment 
fait aucun commentaire sur les bombardements en cours. 
    Le régime de Damas et ses alliés russe et iranien ont fait 
de la reprise d'Alep, la plus grande ville de Syrie et capitale 
économique du pays avant le début du conflit, leur priorité 
absolue. La ville est totalement encerclée depuis cet été. 
 
 (Ellen Francis et Tom Perry; Tangi Salaün et Nicolas Delame 
pour le service français, édité par Danielle Rouquié) 
 
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