Le régime syrien dément les accusations d'Annan sur Tremsa

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LE RÉGIME SYRIEN DÉMENT LES ACCUSATIONS DE KOFI ANNAN SUR TREMSA
LE RÉGIME SYRIEN DÉMENT LES ACCUSATIONS DE KOFI ANNAN SUR TREMSA

DAMAS (Reuters) - Le régime syrien de Bachar al Assad a démenti dimanche les affirmations de Kofi Annan selon lesquelles il aurait fait usage d'artillerie, de chars et d'hélicoptères à Tremsa, où l'opposition a fait état du massacre de 100 à plus de 200 personnes.

Porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Djihad Makdissi a déclaré que les forces de sécurité avaient tué 37 combattants et deux civils dans ce village, utilisé, selon le régime, comme base arrière par les insurgés.

"Les forces gouvernementales n'ont pas utilisé d'avions, ni d'hélicoptères, ni de chars ni de pièces d'artillerie. L'arme la plus lourde utilisée a été le (lance-roquette) RPG", a-t-il dit au cours d'une conférence de presse à Damas.

"Nous avons reçu hier une lettre de M. Kofi Annan adressée au ministre des Affaires étrangères Walid al Moualem. Le moins que l'on puisse dire au sujet de cette lettre portant sur ce qui s'est passé à Tremsa est qu'elle ne s'appuie pas sur les faits. De la manière la plus diplomatique possible, nous disons que cette lettre a été rédigée de manière très précipitée."

Il a ajouté que les déclarations faites samedi par un groupe d'observateurs des Nations unies dépêché à Tremsa confirmaient la version syrienne des événements. Les observateurs avaient pourtant affirmé que la violence semblait être due à des attaques visant des rebelles et des militants de l'opposition.

Leur rapport soulignait aussi l'usage de l'artillerie et de mortiers. Un jour auparavant, le chef de la mission d'observation avait par ailleurs déclaré que des hélicoptères de combat avaient été employés et que des tirs aveugles avaient eu lieu.

Djihad Makdissi souligne que les accusations de violentes attaques étaient peu plausibles étant donnée la petite taille du village.

"Tout ce qui a été dit concernant l'utilisation d'armes lourdes dans l'attaque d'un village de moins de 100 hectares est tout à fait faux", a-t-il dit, démentant que les villageois aient été visés. "Nous sommes en état d'autodéfense, pas en situation d'attaque."

Marwan Makdesi, Bertrand Boucey et Hélène Duvigneau pour le service français

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  • baljo le dimanche 15 juil 2012 à 15:01

    Pour elles, le cessez-le-feu du 12 avril dernier n’a été qu’un répit providentiel leur permettant de souffler militairement, et de reconstituer leurs forces, et même d’étendre leurs positions dans certaines villes.Ils veulent mettre la Syrie à l’heure de Ryad et de Tombouctou

  • baljo le dimanche 15 juil 2012 à 15:00

    on touche là à la contradiction fondamentale sur laquelle se sont brisés – et continueront de se briser – tous les plans de paix en Syrie : pour faire la paix, il faut être deux, et si l’on peut toujours contester la bonne volonté ou la sincérité du gouvernement en la matière, il n’y a aucun doute que les bandes armées se moquent des propositions de l’ONU et d’Annan comme de leur première Kalashnikov.

  • baljo le dimanche 15 juil 2012 à 14:58

    c’est justement le cas à al-Treimseh. Tant qu’il n’y a aucun geste significatif de l’ASL en faveur d’un vrai cessez-le-feu, le gouvernement est fondé à frapper, le plus durement qu’il peut, ces fauteurs de guerre civile et confessionnelle.

  • baljo le dimanche 15 juil 2012 à 14:58

    La réaction d’Annan est somme toute compréhensible : il s’entend avec le président syrien sur une démarche de réduction progressive et au cas par cas de la violence dans les secteurs les plus « chauds », et quelques jours plus tard se déroule un combat de grande intensité et de lourd coût humain. Simplement, tous les plans, accords et bonnes résolutions ne peuvent faire que les bandes armées ne se sont, elles, engagées sur rien, et continuent d’attaquer partout où elles le peuvent