Le régime syrien bombarde l'est d'Alep et le sud de Damas

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LES BOMBARDEMENTS AÉRIENS SE POURSUIVENT À DAMAS ET ALEP
LES BOMBARDEMENTS AÉRIENS SE POURSUIVENT À DAMAS ET ALEP

par Khaled Yacoub Oweis

AMMAN (Reuters) - Un raid aérien sur un quartier résidentiel d'Alep a fait dimanche des dizaines de morts et de blessés et aggravé la pénurie d'eau dans la capitale économique de la Syrie en visant une conduite d'eau, a-t-on appris auprès de l'opposition.

Le président Bachar al Assad a de plus en plus recours aux bombardements aériens pour garder sous contrôle les insurgés qui tentent de renverser son régime et qui ont pris le contrôle de quartiers résidentiels et effectué des raids jusque dans le centre-ville d'Alep, la grande ville du Nord.

Le conflit syrien, qui dure depuis un an et demi, se radicalise en même temps qu'il dure, sous l'impulsion de combattants islamistes comptant parmi les insurgés. Les pays voisins où cohabitent les mêmes groupes religieux craignent également de voir les affrontements s'étendre chez eux.

Les progrès des insurgés ont forcé le régime syrien à déployer sa force aérienne, ses unités d'élite et des milliers de soldats pour éviter qu'Alep ne tombe entre les mains de l'opposition, ce qui lui permettrait de faciliter son approvisionnement depuis la Turquie où de nombreux rebelles on trouvé refuge.

Aucun des deux camps ne semble proche d'une victoire décisive. Les insurgés n'ont pas les armes lourdes nécessaires pour lutter face aux avions de combat et à l'artillerie. Mais Assad ne peut pas non plus faire une confiance aveugle aux troupes de conscrits qu'il envoie reprendre le contrôle des villes du pays.

Il concentre donc ses efforts sur les bombardements aériens. Les zones habitées sont ainsi visées afin de retourner les habitants contre les insurgés qui s'y sont retranchés, selon des diplomates qui suivent le conflit de près.

Le raid aérien de dimanche a détruit un complexe résidentiel du quartier de Hunanu, une des nombreuses zones de l'est d'Alep contrôlées par les insurgés, ont affirmé des militants de l'opposition à Reuters par téléphone.

Le bilan des victimes n'a pas encore pu être établi, mais des dizaines de corps et de personnes blessées ont été dégagées des décombres, comme en attestent des images tournées sur place.

Ces informations n'ont pu être vérifiées de façon indépendante en raison des restrictions imposées par le régime syrien aux médias internationaux.

LE SUD DE DAMAS TOUJOURS BOMBARDÉ

Ce raid aérien a également détruit une importante conduite d'approvisionnement en eau, ce qui a causé des pénuries à Alep, ont ajouté les insurgés.

"Une station de pompage d'eau a été frappée à Al Maiadine. Il y avait des rebelles dans cette zone, mais ce n'est pas une raison pour bombarder une infrastructure civile", a déclaré Ahmad Saïd, un activiste.

L'est d'Alep est frappé par des attaques aériennes depuis que des combattants de l'opposition ont attaqué la caserne de Hananu et y ont libéré de nombreux déserteurs de l'armée régulière, affirment les insurgés.

A Damas, les forces loyales ont poursuivi leur bombardement des quartiers sunnites qui soutiennent l'insurrection contre Bachar al Assad.

Le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, dans le sud de la ville, était notamment visé pour le quatrième jour d'affilée, tout comme le quartier pauvre voisin de Hadjar al Asouad.

La télévision d'Etat a par ailleurs indiqué que quatre personnes étaient mortes dans une "attaque terroriste" visant un bus dans le province de Homs. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, une organisation proche de l'opposition basée à Londres, des civils et des soldats se trouvaient dans ce bus.

Bachar al Assad, dont la famille contrôle le pays depuis 42 ans en s'appuyant sur la minorité alaouite, une branche du chiisme, a toujours affirmé que la révolte qui secouait le pays était due à des "terroristes" islamistes et non à un mouvement populaire réclamant des réformes démocratiques.

Les puissances mondiales sont inextricablement divisées sur ce conflit, ce qui empêche toute intervention internationale.

Hillary Clinton a ainsi fait part dimanche de son pessimisme sur les perspectives d'un rapprochement avec la Russie sur la question avant l'Assemblée générale de l'Onu, à la fin du mois.

"Nous devons être réalistes. Nous ne voyons pas les choses du même oeil sur la Syrie et cela pourrait continuer ainsi. Et si cela continue, alors nous travaillerons avec les pays qui pensent comme nous pour aider l'opposition syrienne à accélérer la chute d'Assad", a-t-elle déclaré à Vladivostok au terme du sommet de l'Apec.

Baptiste Bouthier pour le service français

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