Le rééquilibrage des comptes de la Sécu jugé incertain

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LA COUR DES COMPTES JUGE INCERTAIN LE RETOUR À L'ÉQUILIBRE DES COMPTES DE LA SÉCU EN 2017
LA COUR DES COMPTES JUGE INCERTAIN LE RETOUR À L'ÉQUILIBRE DES COMPTES DE LA SÉCU EN 2017

PARIS (Reuters) - Le rééquilibrage des comptes de la Sécurité sociale à l'horizon 2017 prévu jusqu'à présent par le gouvernement français est très incertain, estime la Cour des comptes.

Dans son rapport annuel sur le sujet publié mercredi, elle l'invite à accentuer l'effort d'économies sur les dépenses, en particulier celles de santé dont le ralentissement de la hausse s'est interrompu l'an dernier.

"La situation des comptes sociaux reste très préoccupante", a déclaré le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, en présentant le rapport, soulignant que trois cinquièmes du déficit de la Sécurité sociale étaient structurels.

D'ici 2017, "la trajectoire de redressement annoncée est devenue très incertaine", a-t-il ajouté, jugeant cette situation "inquiétante".

Après 12,5 milliards d'euros en 2013, le déficit du régime général de la Sécurité sociale est prévu à 9,8 milliards fin 2014 dans le budget du 8 août. Mais la dégradation de la conjoncture constatée depuis devrait le creuser davantage.

Le gouvernement prévoyait jusqu'alors de dégager un excédent de 1,5 milliard d'euros fin 2017, un objectif qui sera lui aussi modifié dans les lois de finances présentées début octobre.

Le déficit des comptes sociaux est une particularité française, souligne une fois de plus la Cour des comptes, et il met en cause la pérennité du système français de protection sociale.

Selon elle, la maîtrise des dépenses est le levier prioritaire pour redresser les comptes, en particulier dans le domaine de la santé.

DES DÉPENSES DE SANTÉ PAS MAÎTRISÉES

Le déficit de l'assurance maladie est le plus important des quatre branches de la Sécurité sociale, représentant à lui seul plus du double de celui des retraites, à 6,8 milliards d'euros l'an dernier, soit une hausse de 900 millions d'euros en un an.

Le budget rectificatif du 8 août prévoyait que ce déficit atteindrait cette année 6,1 milliards d'euros, mais il devrait être finalement plus important encore.

Pour 2015, l'exécutif a dit qu'il trouverait deux milliards d'euros d'économies supplémentaires sur l'ensemble des dépenses publiques pour atteindre l'objectif de 21 milliards d'économies par rapport à leur croissance tendancielle. Dans ce contexte, les dépenses de santé sont une cible de choix.

La Cour des comptes déplore par exemple les résultats trop modestes de la politique de diffusion des médicaments génériques alors que son coût est élevé.

Elle souligne que les génériques ne représentent que 21,5% des remboursements de médicaments vendus hors de l'hôpital et que cette situation "est une particularité française".

En Allemagne et au Royaume-Uni, trois boîtes de médicaments remboursables sur quatre sont génériques alors que la proportion n'est que d'une sur trois en France. "Ce retard est coûteux pour la Sécurité sociale et il n'est pas en cours de rattrapage", explique la Cour des comptes.

Elle souligne d'autre part l'absence de maîtrise de la dépense consacrée aux dispositifs médicaux, un ensemble de plus de 80.000 produits comme les pansements ou les fauteuils pour personnes handicapées, dont le coût est d'environ 13 milliards d'euros, dont plus de la moitié supporté par l'assurance maladie.

Elle prône en outre une amélioration du système des urgences, estimant qu'une réorientation des cas sans gravité ferait économiser 500 millions d'euros, recommande un pilotage plus ferme des dépenses de personnel des hôpitaux et souligne l'absence de pilotage de l'assurance maternité.

(Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse)

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