Le redressement judiciaire "incontournable" pour la SNCM

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* La SNCM tente d'attirer un repreneur * Les contentieux européens pèsent sur l'avenir de la compagnie * "Il faut en finir avec les illusions", dit Diehl MARSEILLE, 17 septembre (Reuters) - Le président du directoire de la SNCM, Olivier Diehl, juge "indispensable" le placement en redressement judiciaire de la compagnie maritime en difficulté pour échapper aux condamnations européennes et attirer les repreneurs. "L'idée est de préparer le terrain pour le repreneur", dit-il dans un entretien publié mercredi par La Provence. "Ce qui est envisagé est une modalité technique destinée à préserver l'outil. Les activités de la compagnie ne s'arrêteront pas et nous resterons maîtres de notre destin." Olivier Diehl a indiqué qu'une dizaine de repreneurs français et étrangers s'étaient fait connaître. La société américaine Baja Ferries, le groupe norvégien Siem et le spécialiste européen de la logistique du froid Stef TFE seraient sur les rangs pour une éventuelle reprise. La Société nationale Corse Méditerranée (SNCM), qui assure notamment la liaison entre la Corse et le continent, est détenue à 66% par Transdev, coentreprise entre Veolia VIE.PA et la Caisse des dépôts, à 25% par l'Etat et à 9% par ses salariés. Transdev a de nouveau prôné mardi le placement en redressement judiciaire lors d'une réunion entre partenaires sociaux, représentants de l'Etat et actionnaires de la compagnie autour du médiateur nommé par le ministère des Transports. Mais les syndicats ne veulent pas entendre parler de cette solution qui représenterait selon eux une "catastrophe sociale". ID:nL6N0RH5MV En plaçant la SNCM sous la protection du tribunal de commerce, Olivier Diehl, comme son actionnaire majoritaire, veulent aussi soustraire la SNCM aux contentieux européens qui risquent de ruiner la compagnie. "EN FINIR AVEC LES ILLUSIONS" La Cour de justice de l'Union européenne, rejetant les recours de la France, a confirmé le 4 septembre dernier que la SNCM devait rembourser les aides d'Etat perçues par la compagnie maritime lors de sa privatisation. Cette décision porte sur environ la moitié des 440 millions d'aides d'Etat que l'UE réclame à la SNCM, dont le remboursement mettrait définitivement la compagnie à terre. "Il nous faut effacer le contentieux avec l'Europe et pour cela, il faut passer par la case redressement judiciaire", dit le président du directoire. "On peut toujours gagner du temps, attendre, mais l'Europe est inflexible, on l'a vu avec la décision de la cour de justice". La compagnie, qui "perd de 30 à 40 millions d'euros en opérationnel", ne peut toutefois être placée en redressement judiciaire avant la fin octobre, conformément au moratoire signé par les partenaires sociaux à l'issue d'une grève de 17 jours qui a paralysé le trafic entre le continent et la Corse au début de l'été. "Il faut une prise de conscience, en finir avec les illusions. Sinon, il y aura le risque d'une liquidation avec la vente aux enchères des bateaux", prévient Olivier Diehl. "Nous ne sommes pas dans un processus de vente normale et il n'y a pas d'autre solution que celle que nous envisageons". La SNCM exploite actuellement une flotte de huit navires, dont sept en propriété, vers la Corse et le Maghreb. Elle emploie 2.000 personnes, dont 1.600 à temps plein, pour un chiffre d'affaires de 191 millions d'euros. La direction de l'entreprise a donné mardi les "grandes lignes" d'un plan industriel basé sur un périmètre de six navires, quatre sur la Corse et deux sur le Maghreb, sans préciser son impact sur les effectifs. D'après une source proche du dossier, ce plan pourrait entraîner la suppression d'un millier de postes au sein de la compagnie. (Jean-François Rosnoblet, édité par Yves Clarisse)


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