«Le redoublement coûte 2 milliards d'euros par an à l'Etat»

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«Le redoublement coûte 2 milliards d'euros par an à l'Etat»
«Le redoublement coûte 2 milliards d'euros par an à l'Etat»

Eric Charbonnier est spécialiste de l'éducation au sein de l'Organisation de coopération et de développement économiques, qui a publié de nombreuses études comparant les systèmes éducatifs de ses pays membres.

Le Conseil national de l'évaluation du système scolaire lance une conférence sur le « redoublement et ses alternatives ». Est-ce une bonne idée ?

Eric Charbonnier. Oui, car toutes les enquêtes de l'OCDE montrent que le redoublement est plutôt inefficace pour aider les jeunes à surmonter leurs difficultés scolaires. De nombreux pays comme la Finlande, le Japon ou le Canada ne l'utilisent quasiment plus. D'autant qu'en France, le redoublement dépend plutôt du niveau de la classe que de celui de l'élève. Un jeune redoublera dans un établissement alors qu'il serait passé dans un autre. Les enseignants ne se posent pas toujours la question de l'acquisition du socle commun de connaissances. Tout cela est très subjectif.

Faut-il alors le supprimer ?

Je n'emploierais pas ce terme. Il ne faut pas supprimer le redoublement sans réfléchir à ce qui pourrait le remplacer. Je pense qu'il faudrait développer une autre façon de travailler et d'accompagner les élèves, qui passerait notamment par un soutien personnel renforcé, le travail en petits groupes... Il faut revoir la pédagogie en général. Le redoublement coûte deux milliards d'euros par an à l'État. Posons-nous la question : que pourrait-on faire avec cet argent ?

Cette conférence doit-elle aussi se pencher sur notre système de notation ?

Il y a forcément un lien entre les deux. Notre système a plutôt tendance à mettre en valeur les points faibles de nos élèves plutôt que leurs points forts, à faire une différence entre celui qui obtient 15/20 et 15,5/20. Dans de nombreux pays, on privilégie plutôt les « A », « B », « C », « D ». On évalue les élèves plus qu'on ne les note. En Suède, par exemple, les jeunes ne ...

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