Le recul des déménagements fait pression sur les loyers

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Alors que les loyers avaient encore progressé de 2,2% en 2012, la hausse ralentit en ce début d'année . A Paris, la ville la plus chère de France, les loyers facturés aux nouveaux locataires ont même reculé.

La crise se fait sentir aussi sur le marché locatif. Affectés par la hausse du chômage et les incertitudes liées à leur pouvoir d'achat, les Français reportent de plus en plus leurs projets de déménagement. «Depuis l'été 2011, le marché locatif privé s'enfonce dans la récession, affecté comme l'ensemble de l'économie immobilière par le ralentissement économique»», note l'économiste Michel Mouillart. Cela a une fois de plus, eu une incidence sur les loyers, qui avaient tout de même progressé de 2,2 % en 2012.

Depuis le début de l'année, les loyers facturés aux nouveaux locataires ont augmenté de 0,5 %, soit moins que l'inflation (1 % sur la période), selon l'Observatoire des loyers Clameur. Cette moyenne, cache d'importantes disparités régionales, puisque les loyers baissent dans 30 % des grands métropoles (de plus de 146.000 habitants). À commencer par Paris (-1,3 % à 23,9 euros le m2), de très loin la ville la plus chère de France où l'offre est traditionnellement inférieure à la demande. Le recul des loyers est également marqué au Havre (-3,5 % à 10,5 euros/m2), Rennes (-3,3 % à 11,7 euros/m2), Nice (-2,4 % à 14,3 euros/m2), Bordeaux (-1,5 % à 12,3 euros/m2), ou encore Le Mans. (-0,8 % à 8,5 euros/m2). Dans 45 % des autres grandes villes, la hausse des loyers reste très modérée. C'est notamment le cas à Montpellier (+0,6 à 13,7euros/m2), Marseille (0,3 % à 12,6 euros/m2), Strasbourg (+0,5 % à 12,7 euros/m2), Villeurbanne (+0,5 % à 11,8 euros/m2), Dijon (+0,5 % à 11,8 euros/m2) ou Grenoble (+0,1 % à 12 euros/m2).

Certaines métropoles résistent mieux

Mais, certaines métropoles résistent mieux à la conjoncture, et les bailleurs augmentent toujours les loyers entre deux locataires. À Lille (+2,3 % à 14 euros/m2), Angers (+2,4 % à 10,7 euros/m2) et à Reims (+6,8 % à 11,8 euros/m2), ainsi qu'à Lyon (+1,1 % à 12,8 euros/m2) et à Toulouse (+1,4 % à 11,9 euros/m2).

Au niveau des régions, la baisse des loyers est plus rapide dans le Limousin (-1,2 %), en Aquitaine (-1,6 %), en Haute Normandie (-1,7 %) et en Basse Normandie (-2,1 %). Elle est «plus modérée» en Franche-Comté (-0,1 %), en Poitou-Charentes (-0,2 %) et en Lorraine (-0,5 %). À l'inverse, les loyers ont progressé «lentement» en Provence-Alpes-Côte d'Azur (+0,1 %), en Ile-de-France (+0,2 %), en Midi-Pyrénées (+0,5 %), en Bourgogne (+0,7 %) et dans le Centre (+0,7 %). Ils ont augmenté plus rapidement que l'inflation dans les autres régions, avec un coup d'accélérateur marqué en Champagne-Ardenne (+2,5 %) et dans les Pays de la Loire (+3,4 %).

Dans les mois qui viennent la donne ne devrait pas changer. «Bien que le marché retrouve habituellement des couleurs avec l'arrivée du printemps, les évolutions des loyers ne prêtent guère à l'optimisme», estime Michel Mouillart. Compte tenu de la conjoncture actuelle, les locataires devraient être peu nombreux à déménager. Mais, le marché locatif est aussi «déstabilisé par des annonces et des décisions publiques qui bouleversent les projets des investisseurs et des propriétaires bailleurs et finissent par renforcer le déséquilibre des marchés», poursuit l'économiste.

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