Le rebond de l'euro pourrait perturber la fin d'année pour certaines entreprises

le
2

L'euro a repris du terrain face au dollar lors des annonces de Mario Draghi jeudi 3 décembre.
L'euro a repris du terrain face au dollar lors des annonces de Mario Draghi jeudi 3 décembre.

Les annonces de Mario Draghi, jugées décevantes par le marché, ont provoqué une remontée de la monnaie unique à 1,09 USD pour 1 EUR, contre 1,05 USD pour 1 EUR peu de temps auparavant. Ceci pourrait pénaliser les entreprises européennes en cette fin d’année, estime Kantox.

Au cours de la séance du jeudi 3 décembre, « l’euro a connu sa plus forte hausse depuis mars 2009 » observe Kantox, une entreprise d’origine britannique spécialisée dans la gestion des devises.

Pour la société, il s’agit d’un « mouvement inattendu qui a compliqué le mois de décembre pour beaucoup d’entreprises ». « En décembre, les comptes sont arrêtés et, avec eux, le budget de l’année à venir. La situation actuelle a pris plus d’un directeur financier au dépourvu », affirme la société dans un communiqué de presse paru vendredi 4 décembre.

« Les déclarations de Mario Draghi ont été moins inattendues que les réactions qu’elles ont suscitées » explique Marc Chaperon, responsable du marché français chez Kantox. « De nouveau, quelque chose d’imprévisible a retourné le marché des devises au moment où les entreprises étaient en train de fixer les prix de leurs produits, ainsi que les coûts d’importations/exportations, qui définiront les budgets 2016 », ajoute-il.

« Alors que tout le monde s’attendait à ce que l’euro continue de chuter jusqu’à une quasi parité contre le dollar, la devise européenne s’est appréciée de quatre centimes en quelques heures. Une hausse considérable pour les entreprises qui manient des millions en devises », explique Kantox.

« Il se peut que les mesures de la BCE aient contrarié le marché, ou qu’un tweet confus du Financial Times ait contrarié les investisseurs », explique Philippe Gelis, CEO et cofondateur de Kantox. « Ce qui est certain, c’est que de telles fluctuations peuvent directement affecter la compétitivité des entreprises françaises si elles ne disposent pas d’une stratégie de couverture adéquate ».

Une « stratégie de couverture » consiste, pour une entreprise, à utiliser des techniques financières pour se prémunir des effets de changes, quelle que soit leur direction, favorable ou défavorable.

L’utilisation de cette technique aura certainement permis de « limiter les conséquences » pour certaines entreprises, estime Kantox. « Leurs marges resteront satisfaisantes, évitant ainsi la nécessité future de se fournir sur un marché ou l’euro aurait atteint un niveau critique pour leurs bénéfices ».

Reste que les autres entreprises réalisant leurs comptes en euros sans utiliser de stratégie de couverture pourraient être pénalisées par le rebond de l’euro. Ceci pourrait jouer dans les publications annuelles arrêtées au 31 décembre, mais aussi sur les perspectives 2016 si l’euro ne parvient pas à s’affaiblir davantage face au dollar. La prochaine décision de la Fed pourrait néanmoins faire de nouveau bouger les lignes si elle décidait bel et bien de relever ses taux le 16 décembre prochain.

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

Retrouvez tous les articles de la rédaction de Boursorama dans la rubrique dédiée.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • d.e.s.t. le vendredi 4 déc 2015 à 19:44

    pas de souci, ça ne saurait durer!

  • franc33 le vendredi 4 déc 2015 à 19:08

    MERCI LA BCE