Le réacteur nucléaire de la centrale de Penly maintenu à l'arrêt

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LE RÉACTEUR DE LA CENTRALE DE PENLY MAINTENU À L'ARRÊT
LE RÉACTEUR DE LA CENTRALE DE PENLY MAINTENU À L'ARRÊT

PARIS (Reuters) - La fuite d'eau d'un réacteur de la centrale nucléaire d'EDF à Penly (Seine-Maritime) a été maîtrisée mais le réacteur est maintenu à l'arrêt dans l'attente d'une expertise, annonce vendredi l'Agence de sûreté nucléaire (ASN), qui procède à une inspection du site.

Consécutive à un incendie, la fuite, qui s'est produite sur le joint de la pompe du circuit primaire de refroidissement, n'a eu aucune conséquence sur l'environnement, assure EDF et l'ASN.

Les écologistes mettent en doute cette version des faits et voient l'incident comme significatif des problèmes qu'ils imputent au parc nucléaire français.

L'incident, classé provisoirement au niveau 1 sur une échelle de gravité qui en compte sept, n'a pas perturbé le refroidissement du réacteur, précise l'ASN dans un communiqué, confirmant le diagnostic du groupe d'électricité.

Il n'y a plus de fuite depuis 04h00 et le plan de mobilisation interne a été levé à 05H15, a indiqué EDF.

Un feu a entraîné jeudi l'arrêt du réacteur nucléaire n°2 de la centrale. Les pompiers ont éteint le sinistre mais les départs de feu avaient provoqué un défaut sur un joint de l'une des pompes du circuit de refroidissement et une fuite d'eau.

"L'ASN a demandé à EDF de maintenir le réacteur à l'arrêt et de procéder à une expertise de la pompe", précise l'agence.

Cet incident a relancé les critiques des écologistes sur le nucléaire, dont ils demandent l'abandon.

Le débat a été vif dans la campagne présidentielle, puisque pour la première fois le candidat PS François Hollande propose de réduire la part du nucléaire dans l'électricité de 75% à 50% d'ici 2025, avec la fermeture de la seule centrale de Fessenheim en Alsace dans les cinq prochaines années.

Nicolas Sarkozy propose au contraire le maintien total de cette filière qu'il voit comme une garantie de l'indépendance énergétique de la France.

Pour Michèle Rivasi, porte-parole d'Eva Joly et spécialiste de la question nucléaire chez les écologistes, la gravité de l'incident de Penly est sciemment minimisée.

"Même si EDF se veut rassurant, l'eau radioactive qui a fui est extrêmement dangereuse et présente des risques d'irradiation pour le personnel d'intervention", dit-elle dans un communiqué.

Elle voit l'incident comme un "avertissement sérieux" révélateur des problèmes du parc nucléaire du pays.

"Si un joint se met à fuir lors d'un arrêt d'urgence, combien de joints ont aussi été fragilisés lors de cet incident ? Combien provoqueront une fuite au prochain arrêt ?", demande-t-elle.

"Plus nous allongeons la durée de vie des centrales, plus nous risquons d'atteindre des incidents d'une gravité accrue", conclut-elle.

Cyril Altmeyer, Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

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