Le rapport Sartorius sur le plan PSA sera publié ce mardi

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PUBLICATION ATTENDUE DU RAPPORT DEMANDÉ PAR LE GOUVERNEMENT SUR LE PLAN SOCIAL CHEZ PSA
PUBLICATION ATTENDUE DU RAPPORT DEMANDÉ PAR LE GOUVERNEMENT SUR LE PLAN SOCIAL CHEZ PSA

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - Le rapport demandé par le gouvernement sur la situation de PSA Peugeot Citroën, dont devrait dépendre la position du pouvoir politique sur la restructuration annoncée en juillet par le constructeur automobile, sera publié mardi.

Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, avait annoncé fin juin, sur fond de rumeurs quant aux mesures préparées par le groupe sochalien, que le gouvernement chargeait Emmanuel Sartorius, ingénieur des Mines et expert du Conseil général de l'économie, de l'industrie, de l'énergie et des technologies, d'un diagnostic sur la situation du groupe PSA.

Moins de deux semaines plus tard, le premier constructeur automobile français avait officialisé plusieurs décisions choc, notamment 8.000 nouvelles suppressions d'emplois et la fermeture de son usine d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) en 2014, première fermeture d'un site automobile en France depuis vingt ans.

"Nous attendons du rapport Sartorius qu'il nous donne une vision plus claire de l'état du malade PSA, malade imaginaire ou malade réel", déclare Franck Don, représentant CFDT chez le constructeur. "La seule question qui nous intéresse, c'est de savoir si les mesures de restructuration proposées par l'entreprise sont en adéquation avec ses difficultés financières."

Les premières conclusions du rapport seront présentées aux syndicats et aux élus concernés mardi à 10h à Bercy par le ministre du Redressement productif. Selon le Journal du Dimanche, le rapport devrait confirmer "la grande fragilité du groupe" et valider la fermeture d'Aulnay-sous-Bois.

"PSA est acculé" et le rapport "pourrait révéler une situation plus dramatique encore", ajoute l'hebdomadaire dominical, selon lequel le rapport épinglerait également la gestion de la famille Peugeot, restée "dans un cadre trop français".

PSA explique lui aussi ses difficultés financières par sa trop grande dépendance à un marché européen en chute libre, où il a encore réalisé 61% de ses ventes au premier semestre. Le groupe, qui perd actuellement 200 millions d'euros en cash chaque mois, compte redresser la barre mais pas avant la fin 2014.

"CHANGEMENT DE TON DU PRÉSIDENT"

Après avoir été qualifié d'inacceptable par le président de la République François Hollande et attaqué à plusieurs reprises par Arnaud Montebourg, le plan de PSA a essuyé par la suite des critiques plus modérées. Avant la coupure estivale, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault demandait à la direction des engagements forts pour limiter l'impact de sa restructuration sur l'emploi. Dimanche soir sur TF1, François Hollande a appelé à des compromis pour que moins d'emplois soient supprimés et davantage de salariés reconvertis.

"Il y a eu un changement de ton du président, il va falloir qu'on s'explique", a souligné Jean-Pierre Mercier, représentant CGT chez PSA Aulnay, lundi sur i>TELE. "Il va falloir qu'on demande au président, ainsi qu'à son ministre Montebourg, qu'ils interviennent directement dans le dossier."

"Je trouverais dommage que le gouvernement se contente des conclusions du rapport Sartorius pour laisser le plan PSA en l'état", ajoute Franck Don. "Ceci dit, le degré d'intervention du pouvoir politique reste limité."

"Cette ombre qui aujourd'hui est là ne doit pas nous inciter à renoncer mais au contraire nous pousser à aller davantage encore de l'avant", a simplement déclaré lundi soir aux journalistes Pierre Moscovici, ministre de l'Economie, en marge du vernissage d'une exposition consacrée au centenaire de l'usine PSA de Sochaux (Doubs).

Le constructeur assure qu'il n'y a pas d'autre chemin possible s'il veut assurer sa pérennité, un argument auquel le gouvernement sera sensible s'il veut éviter d'autres suppressions d'emplois au sein du groupe alors que les plans sociaux se sont multipliés depuis la présidentielle et que le chômage en France a approché la barre des trois millions de personnes en juillet.

Le constructeur pourra également arguer qu'il a en revanche pérennisé à la rentrée une autre usine, Sevelnord (Nord), en lui attribuant un nouveau véhicule.

Lors de l'annonce de sa vaste restructuration, la direction s'est engagée à reclasser la moitié des 3.000 salariés d'Aulnay sur le site voisin de Poissy (Yvelines).

Les syndicats attendent de connaître les solutions hors du groupe qui seront proposées aux 1.500 autres. Ils veulent aussi savoir si, pour les 3.600 postes de structure appelés également à disparaître à travers le groupe, ou pour les 1.400 postes qui seront supprimés dans l'usine de Rennes (Ille-et-Vilaine), PSA tiendra sa promesse de n'avoir recours à aucun licenciement sec.

Ils compareront à ce titre les conclusions d'Emmanuel Sartorius à celles du cabinet Secafi, à qui ils ont confié une mission semblable sur la gravité des difficultés de PSA et sur la pérennité de la stratégie d'internationalisation et de montée en gamme que poursuit actuellement le groupe.

Les conclusions de ce deuxième rapport sont programmées pour la mi-octobre.

Gilles Guillaume, avec Gilbert Reilhac à Sochaux, Elizabeth Pineau et Nicholas Vinocur, édité par Wilfrid Exbrayat

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