Le rapport Merah relève des défaillances objectives

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DES DÉFAILLANCES OBJECTIVES MISES EN ÉVIDENCE DANS LE RAPPORT SUR L?AFFAIRE MERAH
DES DÉFAILLANCES OBJECTIVES MISES EN ÉVIDENCE DANS LE RAPPORT SUR L?AFFAIRE MERAH

PARIS (Reuters) - Le rapport de l'Inspection générale de la police sur l'affaire Merah, rendu public mardi par le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, relève des défaillances objectives, en particulier de la Direction nationale du renseignement intérieur (DCRI).

Mohamed Merah, l'auteur des tueries qui ont fait sept morts à Toulouse et Montauban en mars dernier, était dans le viseur de la DCRI depuis 2006 mais n'a pas été inquiété en raison d'une mauvaise appréciation de la menace qu'il représentait.

Les défaillances "échappent à l'erreur humaine caractérisée" mais tiennent à "la conjonction d'omissions et d'erreurs d'appréciation, à des problèmes de pilotage et d'organisation des services et à des cloisonnements encore très présents entre renseignements intérieur, police judiciaire et sécurité publique", dit le rapport.

Ce rapport a suscité des critiques, certains s'interrogeant sur l'indépendance de l'inspection générale vis-à-vis de la direction de la police nationale, dont dépend la DCRI.

Jean-Jacques Urvoas, président PS de la commission des lois de l'Assemblée nationale, a regretté que l'Inspection générale n'ait pas abordé le problème du management et le rôle des responsables policiers.

"Les probables défaillances humaines sont éludées au profit de considérations purement administratives et organisationnelles", dit-il dans un communiqué.

LE RAID DÉSTABILISÉ

Albert Chennouf, le père d'un militaire tué par Mohamed Merah, s'en est pris sur i>Télé à l'ancien ministre de l'Intérieur Claude Guéant et à Bernard Squarcini, l'ancien patron de la DCRI.

Il a notamment estimé que l'on aurait dû prendre le tueur vivant et a dénoncé un "laisser aller et une guerre des polices", au moment où Nicolas Sarkozy "ne s'occupait que de sa réélection".

Le SCSI, syndicat majoritaire des cadres de la police, juge "regrettable que les rapports entre renseignement extérieur et intérieur, pourtant au c?ur de l'affaire Merah, n'aient pas été abordés."

"En effet, de nombreuses questions se posent encore dans ce domaine et à ce jour la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) n'a encore rien communiqué sur les investigations qu'elle a diligentées sur Mohamed Merah et ses voyages à l'étranger", écrit-il dans un communiqué.

Le rapport souligne le long délai de réaction de la DCRI, l'attentisme du service toulousain "en l'absence de réponse de sa centrale", et l'impréparation des agents qui avaient entendu le futur "djihadiste" en novembre 2011.

Des documents déclassifiés ont montré que les services de renseignements n'ignoraient rien des voyages de Mohamed Merah en Afghanistan et au Pakistan et qu'il était alors considéré comme une "menace directe".

Un rapport détaillait notamment sa proximité avec à la fois son frère Abdelkader, mis en examen pour complicité dans l'affaire de Toulouse, et des islamistes radicaux condamnés en 2009 pour avoir développé une filière de candidats au djihad.

Le rapport met également en évidence des défaillances lors de l'opération, à Toulouse, au domicile de Mohamed Merah, qui a abouti à sa mort.

Il constate que l'opération a été fragilisée d'emblée par l'absence de surveillance de l'appartement.

Les inspecteurs généraux s'étonnent en outre que l'unité d'élite du Raid ait été fortement déstabilisée par les coups de feu tirés par le jeune homme à travers sa porte.

Dans un communiqué, Manuel Valls rappelle avoir commandé ce rapport pour renforcer à l'avenir "l'efficacité des services de renseignements face aux mutations des menaces terroristes."

Le rapport comprend des pistes concrètes visant à renforcer les outils de détection, de surveillance et d'enquête, ainsi que d'évaluation des risques terroristes.

Il prévoit pour la DCRI la création d'une structure dédiée au pilotage des services territoriaux, le développement d'une structure d'audit interne, la formalisation des entretiens de prévention-dissuasion et le recours à des experts extérieurs.

Gérard Bon, édité par Sophie Louet

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  • j.delan le mardi 23 oct 2012 à 21:43

    Quand les hommes seront parfaits............., mais notre système éducatif, social, judiciaire, sont loin de me convaincre. Jalouser, critiquer, voila un art bien franchouillard, mais proposer quelque chose de pertinent semble hors de portée

  • j.delan le mardi 23 oct 2012 à 21:40

    Critiquer le passé est un sport national qui ne mène à rien, sinon tout au plus à se faire plaisir : AMEN