Le rappeur Orelsan condamné pour injures aux femmes

le
0

PARIS (Reuters) - Le rappeur normand Orelsan a été condamné vendredi à 1.000 euros d'amende avec sursis pour injure publique et provocation à la violence envers des personnes en raison de leur sexe, a-t-on appris auprès de l'une des associations plaignantes.

À 30 ans, et avec deux albums à son actif, l'artiste s'est attiré les foudres de certaines associations féministes pour des chansons jugées injurieuses à l'égard des femmes.

Cinq associations avaient déposé en août 2009 une plainte avec constitution de partie civile à son encontre. Cette plainte visait des propos extraits de huit chansons interprétées lors d'un concert en 2009 au Bataclan, à Paris.

Fin mars, Orelsan s'était défendu de toute misogynie devant le tribunal correctionnel de Paris, appelant la justice à faire valoir la liberté de création.

Le ministère public avait estimé que les propos incriminés n'étaient pas pénalement répréhensibles.

Mais le tribunal a jugé que la distanciation entre le rappeur et les personnages de ses chansons n'était pas évidente pour son public, et a retenu une partie des textes mis en cause, insistant notamment sur la "particulière violence" de la chanson intitulée "Saint-Valentin", a indiqué l'une des associations.

"On reconnaît que la liberté d'expression s'arrête à la dignité humaine, notamment des femmes", a déclaré Marie-Pierre Martinet, secrétaire générale du Planning familial, l'une des cinq associations plaignantes.

"C'est important, dans une logique de banalisation de la violence envers les femmes", a-t-elle ajouté. "On ne peut pas passer son temps à traiter les femmes avec des noms d'oiseaux."

Le rappeur avait déjà été poursuivi en 2009 pour des faits similaires par le mouvement Ni Putes ni Soumises. Mais le tribunal l'avait relaxé dans cette affaire.

Chine Labbé, édité par Yves Clarisse

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant