Le rally sur les actions à bout de souffle !

le
1
DR
DR

(lerevenu.com) - Le rally, cet été, des valeurs décotées, entre +40% et +50 %, ressemble à une option de dernier recours, une fois épuisées toutes les idées raisonnables, de la survie de l'euro pour les banques à la croissance des émergents pour les valeurs défensives en passant par les anticipations de reprise en Europe pour les valeurs cycliques.

Mais faute de reprise suffisante, le rally devrait s'essouffler sauf formation d'une nouvelle bulle. Les professionnels ont raison d'évoquer les flux pour expliquer la résistance des actions. À cette nuance près que beaucoup de ces flux viennent des États-Unis comme le démontre l'appréciation de près de 8% de l'euro par rapport au dollar depuis juillet (de 1,28 à 1,38), la Fed injectant chaque mois 85 milliards de dollars dans le marché. L'histoire pourrait devenir malsaine à l'instar de la séance du 22 octobre où les actions ont progressé des deux côtés de l'Atlantique, parce que l'emploi américain de septembre était? mauvais. Il pouvait donc dissuader la Fed de diminuer ses achats de titres !

Fin de la rotation sectorielle avec le rally cet été des valeurs décotées, télécoms, utilities et banques

Les opérateurs télécoms, les «utilities» et les banques ont nettement distancé tous les autres secteurs cet été affichant des progressions comprises entre 40 et 50 %. Le mérite ne revient pas au dynamisme de leurs bénéfices, plombés par la concurrence pour les premiers et par le contrôle public des prix pour les seconds, mais seulement à leur faible valorisation, entre 8,2 et 9,4 fois les résultats futurs estimés. Les gérants parlent d'une logique «value» ou de valeurs de «recovery». Il y a deux problèmes. D'abord l'absence de référence historique pertinente pour le PER, puisque le modèle de ces secteurs a manifestement changé comme hier celui de la distribution alimentaire ex-valeur de croissance. Ensuite, la seule sous-évaluation n'a jamais constitué un critère pertinent d'achat. D'où l'idée que les valeurs décotées sont remontées par défaut et que leur rally est une preuve d'essoufflement du sentiment haussier. Il semble difficile d'espérer plus sur les télécoms, dont le PER retrouve à 12,7 son niveau d'équilibre pre faillite de Lehman Brothers. De même, les services collectifs semblent bien payés à 12,5 fois les bénéfices compte tenu de l'effondrement des profits depuis 2009. Enfin, à mi-chemin des cycliques et des «values», les banques elles sont surpayées : 11,4 fois contre un ratio historique de 11, malgré l'altération du modèle bancaire (exit la spéculation) et l'atonie du crédit.

S'il devait se poursuivre, le rally sur les actions se transformerait en bulle

Si l'on en juge par la relation inverse entre PER et profits, qui veut que l'on valorise fortement des profits faibles et inversement, le marché européen (corrigé des télécoms, des compagnies pétrolières et des banques) aurait effacé sa sous-évaluation et serait correctement valorisé. Toutefois, en l'absence de reprise comme le confirme le PMI européen composite d'octobre (en baisse à 51,1 contre 51,7 en octobre), le rally dégénérerait en bulle s'il devait se poursuivre, comme dans les années 90 ou en 2006-2007. Encore faudrait-il une belle histoire, comme les révolutions technologique (90's) et émergente (années 2000).

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • fquiroga le lundi 21 oct 2013 à 16:37

    ou la 4G au service de la magouille.....