Le ralentissement de l'économie chinoise pourrait se prolonger

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LA CROISSANCE DE LA CHINE A ATTEINT 7,7% EN 2013
LA CROISSANCE DE LA CHINE A ATTEINT 7,7% EN 2013

par Aileen Wang et Kevin Yao

PÉKIN (Reuters) - L'économie chinoise a été en croissance de 7,7% en 2013 après un léger ralentissement au quatrième trimestre qui, selon des analystes financiers, reflète la nouvelle orientation adoptée par Pékin en matière de modèle de croissance, davantage fondée sur la consommation des ménages que sur les exportations.

Le produit intérieur brut (PIB) a augmenté de 7,7% au quatrième trimestre 2013 en variation annuelle, un rythme légèrement supérieur aux attentes qui étaient à 7,6%, mais inférieur à celle du trimestre précédent qui était de 7,8%.

Sur l'ensemble de l'année, la croissance s'est également établie à 7,7%, a annoncé lundi le Bureau national des statistiques. Le gouvernement avait fixé l'objectif à 7,5%.

Ce ralentissement, lié à une demande et des investissements moins soutenus en fin d'année, pourrait se poursuivre en 2014 dans la mesure où Pékin cherche à favoriser la consommation intérieure au détriment des exportations, estiment les analystes.

Après trente ans de croissance à deux chiffres de l'économie, qui a permis à des millions de Chinois de sortir de la pauvreté mais qui a également eu un effet dévastateur sur l'environnement, Pékin cherche à promouvoir une croissance plus durable, qui assure aux Chinois une meilleure qualité de vie.

"Je pense qu'il sera très difficile pour la croissance d'atteindre 8% cette année", estime Ting Lu, économiste chez Bank of America-Merrill Lynch à Hong Kong, qui table sur un PIB en augmentation de 7,6% en 2014.

"Nous nous attendons à ce que le gouvernement maintienne une politique monétaire neutre et mette en oeuvre une politique budgétaire légèrement plus proactive en 2014."

En rythme trimestriel, le PIB a progressé de 1,8% entre le troisième et le quatrième alors que les intervenants de marché attendaient 2%.

Le dollar australien, délaissé ces derniers temps, s'est légèrement repris après ces chiffres, tandis que la plupart des marchés asiatiques ont réduit leurs pertes.

Dans un contexte de nouvelle phase du développement de la Chine, le ralentissement de la croissance est bien accueilli par la plupart des experts.

"L'économie chinoise performe plutôt bien dans sa période d'ajustement", note Brian Jackson, économiste chez IHS Global Insight, qui estime les craintes que Pékin ne sacrifie trop de croissance ne sont pas fondées.

MARCHÉ IMMOBILIER: UN ENJEU CRUCIAL

Une série d'autres indicateurs publiés lundi montrent que l'industrie et l'investissement ont marqué le pas en décembre, ramenant la croissance de l'ensemble de l'économie au quatrième trimestre à son rythme le plus faible en six mois.

La production industrielle a augmenté en décembre de 9,7% en glissement annuel, un rythme légèrement inférieur aux attentes, alors qu'elle avait progressé de 10% en novembre.

De même, la croissance annuelle des investissements urbains en capital fixe, l'un des moteurs de la croissance chinoise, a été de 19,6%, alors que les marchés s'attendaient à 19,8%.

L'avenir de la croissance dépend du succès des réformes entreprises et de la capacité de Pékin à maîtriser le crédit, l'envolée de prix de l'immobilier et la montagne de dette des collectivités locales.

L'immobilier est un sujet particulièrement épineux pour les dirigeants. Le secteur est l'un des plus porteurs et le gouvernement doit arbitrer entre la nécessité de freiner la hausse des prix qui menace l'accès à la propriété des ménages chinois et le risque de gripper l'ensemble de l'économie.

Ce ralentissement de l'investissement et de la demande intervient alors que les usines chinoises sont confrontées à un marché mondial morose. Les exportations chinoises ont accusé le coup l'an dernier et n'ont pas atteint l'objectif de 8% de croissance qui avait été fixé par l'Etat.

Même si la plupart des analystes s'attendent à ce que les exportations reprennent cette année, le gouvernement a récemment émis un message de prudence en disant que les exportateurs pourraient avoir du mal à atteindre leurs objectifs en 2014.

Jean-Philippe Lefief et Juliette Rouillon pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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