Le rachat de l'Obs par les actionnaires du Monde bientôt acté

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LE RACHAT DU NOUVEL OBSERVATEUR PAR LES ACTIONNAIRES DU MONDE EFFECTIF D?ICI UN MOIS
LE RACHAT DU NOUVEL OBSERVATEUR PAR LES ACTIONNAIRES DU MONDE EFFECTIF D?ICI UN MOIS

par Gwénaëlle Barzic

PARIS (Reuters) - Le rachat du Nouvel Observateur par le trio d'actionnaires du Monde a reçu le feu vert du comité d'entreprise et deviendra effectif d'ici un mois, une fois validé par les autorités de concurrence, a déclaré jeudi son cofondateur Claude Perdriel.

Le dirigeant de presse âgé de 74 ans a été contraint de faire appel à de nouveaux actionnaires face aux lourdes pertes accusées par le journal -9,8 millions en 2013- bien qu'il affiche parmi les plus gros tirages de la presse magazine.

"Le comité d'entreprise s'est déclaré favorable à la prise de majorité des nouveaux actionnaires. Dans moins de quatre semaines, le rachat de la majorité devrait être accompli", a déclaré le président du directoire du groupe Le Nouvel Observateur dans le cadre d'un déjeuner de l'Association des journalistes médias (AJM).

Le propriétaire du Nouvel Obs touchera via sa société SFA 4,1 millions d'euros une fois déduits 2,4 millions liés aux charges de restructuration de l'hebdomadaire, principalement les départs qui suivront l'ouverture d'une clause de cession.

Il prévoit de les réinvestir en totalité dans les autres publications dont il conserve le contrôle, Sciences et Avenir et Challenges.

Claude Perdriel, qui a reconnu que ce montant était inférieur à la valeur réelle de l'hebdomadaire, s'est toutefois défendu de "brader" son journal.

"J'ai considéré que je ne pouvais vendre l'Obs et que je devais donc le donner", a-t-il expliqué, estimant par ailleurs qu'il serait en meilleure position pour discuter avec les nouveaux actionnaires Pierre Bergé, Xavier Niel -fondateur d'Iliad- et Matthieu Pigasse.

"PLUS EFFICACE"

"Je ne crois pas qu'ils gèreront comme moi, ils seront sans doute plus efficaces", a prédit Claude Perdriel, qui n'a pas caché la difficulté à diriger une publication comptant de nombreux "talents" mais parfois difficile à faire évoluer.

Une clause est ainsi prévue qui donnera à Claude Perdriel un droit de regard sur les départs de salariés pour une durée de six mois.

Il continuera également de veiller aux "unes" du journal pour une durée d'un an.

Dans l'immédiat, le journal va devoir trouver un nouveau directeur de la rédaction, Laurent Joffrin ayant annoncé qu'il quitterait ce poste une fois l'opération effective.

"Il faut un choc", a estimé Claude Perdriel, qui a plaidé pour une personnalité jeune, féminine et connaissant le journal.

Après le Nouvel Observateur, le trio d'actionnaires du Monde pourrait aussi venir en aide à un autre titre phare de la gauche.

"On ne peut pas aimer la presse, s'engager dans la presse, et rester indifférent au sort de Libération. Donc nous suivons, mes partenaires et moi-même, la situation de Libération avec attention", a déclaré Matthieu Pigasse sur France Inter.

"Si accident il y a, nous aviserons à ce moment-là et nous verrons", a-t-il ajouté.

(Gwénaëlle Barzic, édité par Jean-Michel Bélot)

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