Le quartier rebelle de Bab Amro encerclé par les forces d'Assad

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par Khaled Yacoub Oweis

AMMAN (Reuters) - Le quartier rebelle de Bab Amro, à Homs, soumis à des bombardements incessants depuis 25 jours, était pilonné jeudi par la quatrième division armée, une unité d'élite fidèle au président syrien Bachar al Assad, rapportent les militants de l'opposition.

Selon Mohaimen al Rumaid, haut responsable de l'Armée syrienne libre (ASL) composée de déserteurs, au moins 7.000 soldats encerclent ce quartier hissé au rang de symbole de la contestation populaire du régime.

Les insurgés présents dans la ville ont affirmé avoir repoussé les forces fidèles à Assad, freinant leur progression, mais des diplomates occidentaux redoutent un assaut de grande ampleur.

"Tous les signes qui nous proviennent de Homs montrent qu'ils tentent d'achever la ville", indique un haut diplomate occidental.

Un groupe de déserteurs de l'armée et d'insurgés se présentant comme la brigade Farouq de l'Armée syrienne libre, a juré de se battre jusqu'au dernier homme, a dit à Reuters un militant présent à Bab Amro.

Face à l'imminence d'une éventuelle attaque, Rumaid a admis que l'ASL, sous-équipée, était loin de l'emporter sur l'armée régulière mais qu'elle tenait bon jusqu'à présent face à l'artillerie lourde des forces gouvernementales.

"Les combats d'infanterie se poursuivent. Nos hommes résistent toujours et l'armée d'Assad bombarde Bab Amro mais elle n'a pas progressé plus en avant dans le quartier", a-t-il dit.

Il est difficile de confirmer ces informations de source indépendante en raison des restrictions imposées par le régime syrien aux médias indépendants.

BRUTALITÉ

La 4e division armée commandée par Maher al Assad, le frère du président, est réputée pour sa brutalité envers les opposants qui manifestent depuis plus d'un an contre le régime de Bachar al Assad.

"Je suis scandalisé par les informations selon lesquelles le régime d'Assad serait en train de préparer un assaut de grande ampleur sur les habitants de Homs", a déclaré le secrétaire au Foreign Office britannique William Hague.

Selon les Nations unies, la répression a fait plus de 7.500 morts dans la population civile depuis le début du soulèvement en mars 2011.

Les autorités syriennes imputent les violences à des "groupes terroristes armés" et font état de plus de 2.000 soldats et policiers depuis un an.

L'émissaire spécial des Nations unies et de la Ligue arabe sur la crise en Syrie, Kofi Annan, a déclaré mercredi qu'il espérait pouvoir se rendre bientôt en Syrie et a exhorté Bachar al Assad à coopérer aux efforts menés pour mettre un terme aux violences dans le pays.

Au lendemain de l'évacuation du photographe britannique Paul Conroy, le journaliste espagnol Javier Espinosa a également pu gagner le Liban, a déclaré mercredi soir un militant de l'organisation d'opposition syrienne Avaaz, Wissam Tarif.

La journaliste française Edith Bouvier et son compatriote le photographe William Daniels se trouvent toujours à Homs.

Face à la poursuite des violences, la France a annoncé que le Conseil de sécurité de l'Onu travaillait à une nouvelle résolution non contraignante sur la Syrie, dont les Etats-Unis ont rédigé les grandes lignes.

Le projet de résolution demande que les agences humanitaires puissent accéder à plusieurs villes de Syrie et réclame la fin des violences, rapportent des diplomates occidentaux.

Il sous-entend également que la répression des manifestations antigouvernementales orchestrée par Damas est à l'origine de la crise qui secoue actuellement le pays, indiquent des diplomates.

Fait nouveau, le chef de la diplomatie chinoise a annoncé que la Chine soutenait les efforts internationaux visant à acheminer de l'aide humanitaire en Syrie.

Avec Dominic Evans, Erika Soloan et Mariam Karouny à Beyrouth, Marine Pennetier pour le service français

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