Le quartet demande à Israël de cesser la colonisation

le , mis à jour à 19:37
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 (Actualisé avec réaction française, quatre derniers §§) 
    par Michelle Nichols et Louis Charbonneau 
    NATIONS UNIES, 1er juillet (Reuters) - Israël doit cesser de 
construire des colonies, d'entraver le développement palestinien 
et de réserver à son usage exclusif des terres que les 
Palestiniens revendiquent pour leur futur Etat, recommande le 
quartet sur le Proche-Orient dans un rapport publié vendredi. 
    Le document élaboré par les quatre pays ou organisations qui 
forment le quartet - Etats-Unis, Russie, Union européenne et 
Nations unies -, estime que la politique israélienne "mine la 
viabilité de la solution à deux Etats".  
    "Cela soulève des questions légitimes sur les intentions à 
long terme d'Israël qui sont aggravées par les déclarations de 
certains ministres israéliens selon lesquels un Etat palestinien 
ne devrait jamais exister", peut-on lire.  
    Lors de la campagne des législatives de mars 2015, le 
Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait déclaré 
qu'un Etat palestinien ne verrait jamais le jour tant qu'il 
serait au pouvoir, avant de revenir sur ses propos au lendemain 
de sa réélection et de réaffirmer son engagement en faveur d'une 
solution à deux Etats.  
    L'envoyé spécial des Nations unies sur le Proche-Orient, 
Nickolaï Mladenov, a présenté les grandes lignes du rapport 
jeudi au Conseil de sécurité et le texte a été approuvé par les 
membres du quartet.  
    Les diplomates relèvent que le document a d'autant plus de 
poids qu'il est approuvé par les Etats-Unis, premier allié 
d'Israël, qui ont tenté en vain de relancer les pourparlers de 
paix israélo-palestiniens, gelés depuis avril 2014, dans un 
climat de défiance entre Barack Obama et Benjamin Netanyahu.  
     
    FAIRE AVANCER LA SOLUTION À DEUX ETATS 
    Selon le rapport, Israël a réservé à son usage exclusif 
environ 70% de la zone C, qui représente 60% du territoire de la 
Cisjordanie occupée et comprend une majorité de terres 
agricoles, de ressources et de réserves naturelles. 
    "Le transfert de pouvoirs et de responsabilités à l'autorité 
civile palestinienne dans la zone C, envisagé par les 
engagements pris au terme de précédents accords, a de fait été 
interrompu et dans certains cas inversé et devrait être repris 
pour faire avancer la solution à deux Etats et empêcher qu'une 
réalité à un Etat ne s'installe", affirme encore le rapport. 
    Le quartet estime qu'au moins 570.000 Israéliens vivent dans 
les colonies. Les Nations unies et la plupart des pays 
considèrent ces implantations comme illégales. 
    Le document relève qu'un seul permis de construction au 
bénéfice de Palestiniens en zone C a été apparemment approuvé en 
2014, et aucun en 2015.  
    Le rapport dénonce parallèlement les violences 
palestiniennes contre les Israéliens.  
    "L'Autorité palestinienne doit agir de manière décisive et 
prendre toutes les mesures pour faire cesser l'incitation à la 
violence et renforcer les efforts en cours pour lutter contre le 
terrorisme, notamment en condamnant clairement tous les actes de 
terrorisme", souligne-t-il.  
    Devant le Conseil de sécurité, Nickolaï Mladenov a estimé 
que le rapport fixait un "ensemble raisonnable de mesures" à 
prendre pour remettre Israël et les Palestiniens sur le chemin 
de la paix.  
    Le document conclut que la poursuite des violences, 
l'expansion des colonies et l'absence de contrôle de l'Autorité 
palestinienne sur la bande de Gaza (contrôlée par le Hamas 
depuis 2007) "sapent gravement les espoirs de paix". 
    Le quartet estime enfin que des mesures urgentes doivent 
être prises afin "d'empêcher la cristallisation de la réalité 
d'un seul Etat par l'occupation permanente et le conflit". 
    La diplomatie française, qui tente de sortir les 
négociations de paix de l'impasse, a "salué" par l'intermédiaire 
du ministre Jean-Marc Ayrault la publication de ce document.   
    "La solution à deux Etats est menacée et il y a urgence à 
faire quelque chose. C'est aussi notre analyse", dit-on de 
source diplomatique française. 
    Paris a accueilli le 3 juin une conférence internationale 
avec 28 pays et organisations mais sans représentants israéliens 
ni palestiniens, première étape avant un nouveau rendez-vous 
prévu en théorie avant la fin de l'année, cette fois-ci en 
présence des deux parties. 
    "Nous attendions que le rapport sorte pour articuler ces 
travaux avec notre initiative et passer à la vitesse 
supérieure", précise-t-on au sein du ministère français des 
Affaires étrangères. 
 
 (Avec Simon Carraud à Paris, Jean-Stéphane Brosse pour le 
service français) 
 
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