Le Qatar lorgne le quartier d'affaires de Canary Wharf

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Après une première offre refusée cette semaine, le fonds souverain de l'émirat pourrait renchérir.

Où s'arrêtera l'appétit du Qatar? Après avoir mis la main sur de nombreux fleurons de la capitale britannique, dont la tour The Shard, le temple du luxe Harrods et les résidences du village olympique, le fonds souverain Qatar Investment Authority se lance à l'assaut du quartier d'affaires de Canary Wharf. Associé au fonds canadien Brookflied, il a déposé une offre de rachat sur la totalité du capital de Songbird - dont il détient déjà 22% -, la société qui exploite le quartier d'affaires créé il y a vingt ans dans une boucle de la Tamise.

L'offre de 2,3 milliards de livres (3 milliards d'euros) a été rejetée vendredi par la direction de Songbird, qui l'estime «sous-valorisée». Après 1,5 million de mètres carrés de bureaux construits, le promoteur en prévoit un million supplémentaire. Il a par ailleurs en projet 3000 logements à proximité de cette zone d'aménagement à l'est de Londres.

«Seconde City»

Ce revers ne devrait pas décourager les investisseurs qatariens, lancés dans une frénésie d'acquisitions dans la ville. En guise d'amuse-bouche, ils viennent de s'offrir le siège de 44 étages de la banque HSBC à Canary Wharf pour 1,1 milliard de livres (1,4 milliard d'euros). Ils misent sur les bonnes perspectives du marché des bureaux à Londres, dont les loyers repartent à la hausse, soutenus par la reprise économique.

L'ancienne friche industrielle des docks de Canary Wharf a été transformée en quartier d'affaires sur une idée de Margaret Thatcher. C'est devenu une «seconde City», dépassant même l'original en nombre d'employés depuis l'installation de la banque américaine JP Morgan. Des perspectives qui font saliver le Qatar, désormais familier du paysage londonien.

Ses emplettes ont commencé en 2008 avec une prise de participation dans le célèbre marché aux puces de Camden. L'émirat s'est ensuite offert le grand magasin Harrods, une ancienne caserne dans le quartier chic de Chelsea et le bâtiment de l'ambassade américaine à Mayfair. Quand les promoteurs de The Shard ont rencontré des problèmes de financement, c'est le Qatar qui a sauvé la mise en reprenant 80% du projet. Les millions de l'émirat avaient également sauvé le promoteur de Canary Wharf de la faillite au moment de la crise financière. Ils ont participé à la construction du village olympique de 2012, transformé en appartements. Ils sont aussi venus à la rescousse d'entreprises comme la banque Barclays.

L'étendue des investissements du micro-Etat au Royaume-Uni ne fait guère lever de sourcils. L'émir du Qatar était à Londres fin octobre pour signer un accord de coopération militaire avec David Cameron, malgré les soupçons avancés de tolérance de l'émirat à l'égard d'organisations terroristes, dont l'ennemi public numéro un: l'État islamique.

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