Le Qatar et Abu Dhabi convoitent l'immobilier européen

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Le fonds souverain du Qatar acquiert des quartiers entiers. Celui d'Abu Dhabi achète des bureaux et des commerces.

Les Emirats savent être discrets sur leurs projets. La hauteur de la tour Khalifa, à Dubaï, a longtemps été tenue secrète, car ses promoteurs ne voulaient pas qu'une tour plus grande leur ravisse la vedette: elle est toujours la tour plus haute du monde avec ses 828 mètres et ses 148 étages. En revanche, leurs investisseurs ne passent pas inaperçus à Londres et à Paris. Ils n'hésitent pas à payer des prix astronomiques pour réaliser des transactions spectaculaires. Le Qatar, dont le bras armé est le fonds souverain Qatar Investment Authority (QIA), s'empare de véritables trophées.

Depuis une bonne dizaine d'années, il se constitue un patrimoine hôtelier en rachetant des fleurons parisiens comme le Royal Monceau, le Peninsula. Il s'empare aussi de bureaux place Vendôme et d'immeubles sur les Champs-Élysées. De son côté, Abu Dhabi, avec son fonds souverain Abu Dhabi Investment Authority (Adia), a mis la main sur quelques belles pépites dans le quartier central des affaires en rachetant des portefeuilles tels le Risonamento ou les Docks lyonnais, mais il reste plus discret. «Depuis leur arrivée sur le marché français, ces fonds souverains se sont organisés et structurés. Ils sont matures», observe Sigried Duhamel, présidente de CBRE Global Investor. Ils viennent en Europe pour diversifier leurs actifs. Ils choisissent Paris et Londres qui sont des valeurs sûres. «Ils restent intraitables sur la qualité des actifs qu'ils recherchent, notamment sur l'emplacement. Ils achètent sur du très long terme. Ils ne prennent pas de risque ou très peu», constate François Blin, directeur de l'investissement et responsable des investissements internationaux chez Jones Lang Lasalle.

Une transaction  à 3,5 milliards d'euros

Adia a, par exemple, acheté 60 000 m2pour 500 millions d'euros à Levallois. Le Qatar passe cette année la vitesse supérieure. Il achète des quartiers entiers. Fin février, en effet, son fonds souverain est devenu propriétaire d'un quartier de Milan, Porta Nuova, dont il détenait déjà 40 %. Les parts ont été rachetées à Hines, à l'assureur UnipolSai et à plusieurs fonds d'investissement. Le quartier Porta Nuova compte 25 bâtiments dont le gratte-ciel Bosco verticale, immeuble résidentiel qui domine Milan. Le montant de la transaction n'est pas connu précisément mais le chiffre de 2 milliards d'euros est cité.

Plus faramineuse encore est l'achat du quartier d'affaires londonien Canary Wharf, à l'est de Londres. Ce quartier, qui comprend 35 immeubles de bureaux, abrite les sièges de HSBC, Barclays, JP Morgan, des centres commerciaux et des logements, mais aussi près d'un million de mètres carrés à construire. QIA est devenu premier actionnaire, avec 29 % des parts, en 2009 lorsque Canary Wharf frôlait la faillite. Là encore, le montant de la transaction est un secret bien gardé, mais les experts parlent de 3,5 milliards d'euros. Ce trophée s'ajoute à celui de la tour Shard et du grand magasin Harrods.

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  • M9806593 le mardi 10 mar 2015 à 15:04

    jeu pipé... ils sont exonérés de taxe sur la plus-value. l'investissement est donc forcément rentable...

  • p.cuquel le mardi 10 mar 2015 à 10:56

    c'est assez comique : leur fortune vient de l'argent qu'on leur donne avec lequel ils achètent nos biens patrimoniaux... Ce n'est pas ça être pieds et poings liés ?