Le publicitaire Maurice Lévy défend son bonus

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MAURICE LÉVY, PATRON DE PUBLICIS, DÉFEND SON BONUS
MAURICE LÉVY, PATRON DE PUBLICIS, DÉFEND SON BONUS

PARIS (Reuters) - Maurice Lévy, le président du directoire du groupe Publicis, a défendu samedi le bonus de plus de 16 millions d'euros qui lui a été octroyé et qui avait été critiqué par de nombreuses personnalités politiques.

"C'est une rémunération différée c'est-à-dire qu'elle a été accumulée au fil des années", a-t-il souligné sur RTL.

"C'est neuf années pendant lesquelles il y avait une exigence (...) qui était de sur-performer (...) Si j'avais reçu mes primes de match chaque année, personne n'en aurait parlé", a-t-il ajouté, reconnaissant qu'il s'agissait là de "beaucoup d'argent" et disant comprendre que cela puisse choquer.

Maurice Lévy a dit regretter une forme de récupération politique du montant de son bonus, en pleine période de campagne électorale.

Sans les nommer, il a ainsi estimé que certains hommes politiques avaient décidé de s'en saisir "soit parce qu'ils étaient en panne de programme, soit parce qu'ils étaient en panne de ressort politique, soit tout simplement parce qu'ils avaient envie de flatter les bas instincts de ce qu'on appelle le populisme".

"On est en train de dire la réussite est interdite quand elle s'accompagne d'une réussite économique", a-t-il estimé.

Le publicitaire a jugé qu'on aurait "mieux fait" de lui demander ce qu'il comptait faire de ce bonus, sans toutefois apporter de réponse à cette question.

Publicis a révélé dans son document de référence 2011 que Maurice Lévy recevrait près de 16,2 millions d'euros au titre de rémunérations variables différées accumulées depuis 2003.

Le candidat PS François Hollande a estimé qu'il n'était "pas acceptable" que des personnes touchent une telle somme en période de crise "où chacun doit faire des efforts". La porte-parole du gouvernement Valérie Pécresse a également jugé "disproportionné" un tel bonus.

Quant à Nicolas Sarkozy, qui a promis, s'il est réélu, d'instaurer un encadrement plus strict des très hautes rémunérations, il a élargi sa condamnation à la personne d'Elisabeth Badinter, fille du fondateur du groupe et principale actionnaire de Publicis. Soulignant qu'elle a "le coeur à gauche", le président-candidat a reproché aux socialistes de condamner le bonus de Maurice Lévy sans l'y associer.

Chine Labbé, édité par Jean-Stéphane Brosse

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