Le PSG a changé de dimension

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par Olivier Guillemain

PARIS (Reuters) - En investissant cet été près de 100 millions d'euros sur le marché des transferts, le Paris Saint-Germain semble s'être assuré de survoler la Ligue 1 et peut envisager de jouer les trublions en Ligue des champions.

La concurrence n'existera pas la saison prochaine dans le championnat de France, en tous cas pas en théorie. Car ce PSG version 2012-2013 a de quoi faire frémir ses adversaires, renforcé par Zlatan Ibrahimovic devant et Thiago Silva derrière.

S'il n'a pas honoré son statut de favori de la Ligue 1 la saison passée, laissant le titre partir du côté de Montpellier, le club de la capitale est candidat à la succession des Héraultais, dix-neuf ans après son dernier sacre.

"L'objectif est d'être compétitif et de faire un beau parcours en Ligue des champions. En championnat, nous avons terminé deuxièmes la saison dernière. Pour nous améliorer, la prochaine étape est donc d'accéder à la première place", a expliqué l'entraîneur Carlo Ancelotti à la reprise estivale.

"Les vrais objectifs de cette saison seront de continuer à montrer une bonne identité de jeu, un bon état d'esprit et une bonne image du club. Les résultats seront importants bien évidemment mais l'identité de l'équipe sera encore plus importante."

Si l'identité chère à l'Italien reste à faire connaître, son équipe, avec la signature de trois joueurs majeurs, a pris du corps, a gagné en expérience et en talent.

Passé quelque peu inaperçu en France par rapport au transfert de la star suédoise Zlatan Ibrahimovic, celui de Thiago Silva est sans aucun doute le plus gros coup des dirigeants parisiens, sur le plan sportif.

Le défenseur central brésilien, recruté pour 42 millions d'euros plus sept de bonus, est considéré comme l'un, si ce n'est le meilleur joueur du monde à son poste.

"Je suis très content de son arrivée. C'est un joueur fantastique. Tout le monde sait que c'est l'un des meilleurs défenseurs du monde", s'est réjoui Carlo Ancelotti.

"QUI PARLAIT DE LA LIGUE 1 ?"

En faisant signer l'international auriverde et Zlatan Ibrahimovic, le PSG version qatarie a fait d'une pierre deux coups en renforçant son équipe mais surtout en faisant oublier les transferts avortés de David Beckham, Carlos Tevez ou encore d'Alexandre Pato, sources de railleries sur l'incapacité du club à séduire des joueurs vedettes la saison dernière.

L'arrivée en provenance de Naples de l'Argentin Ezequiel Lavezzi et la signature de celui que l'on surnomme "le nouveau Andrea Pirlo" en Italie, Marco Verratti, sont aussi des signes forts de la volonté des propriétaires qataris, en place depuis plus d'un an, de briller au plus vite sur la scène européenne.

Pour Jérémy Ménez, parisien depuis un an, ces recrues symbolisent les "ambitions" de dirigeants qui tiennent les promesses de grandeur formulées à leur arrivée dans la capitale.

"Les objectifs sont clairement affichés et je pense que c'est très bien pour la Ligue 1. Cela va pousser une équipe française à aller le plus loin possible en Ligue des champions et relever le niveau du championnat", estime-t-il.

Paradoxalement, ce recrutement de luxe expose le PSG à des "problèmes de riches" qui lui étaient inconnus jusqu'à lors.

Des joueurs emblématiques de "l'ancien PSG" comme Clément Chantôme, Mamadou Sakho ou encore Nenê ont manifesté leur mécontentement et des envies de départ ces dernières semaines.

Les querelles d'ego qui avaient affleuré il y a quelques mois au sein de l'effectif parisien seront surveillées de près.

Le PSG devra aussi se protéger des critiques qui risquent de l'accompagner la saison prochaine : sur ses finances sans limite, sur le niveau de salaire de ses joueurs - la sphère politique a largement commenté le salaire estimé d'Ibrahimovic - ou encore sur sa persistance à ne pas recruter "français".

Les Parisiens pourront alors se remémorer la phrase lancée par leur nouvelle star suédoise à son arrivée à Paris, et qui illustre le changement de dimension du club : "Qui parlait de la Ligue 1 avant que le PSG ne transforme ce rêve en réalité ?"

Edité par Grégory Blachier et Gilles Trequesser

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