Le PS veut une réforme des retraites a minima

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LE PS SOUHAITE UNE RÉFORME DES RETRAITES A MINIMA
LE PS SOUHAITE UNE RÉFORME DES RETRAITES A MINIMA

PARIS (Reuters) - Le Parti socialiste se prononce pour une réforme a minima des retraites au risque d'embarrasser le gouvernement, qui vient d'entamer la concertation avec les partenaires sociaux.

Dans un texte adopté mardi par son bureau national, il écarte plusieurs pistes du rapport Moreau remis en juin au gouvernement, comme l'allongement de la durée de cotisation d'ici à 2020 et la désindexation des pensions.

François Hollande, qui a exclu tout report de l'âge du départ à la retraite, a pourtant fait de l'allongement de durée de cotisation la piste privilégiée de la réforme qui doit faire l'objet d'un projet de loi à la rentrée, pour une adoption prévue à la fin de l'année.

Le sujet est également crucial aux yeux de la Commission européenne, qui a accordé deux ans de répit à la France, jusqu'en 2015, pour ramener son déficit à 3% du PIB à condition qu'une vraie réforme des retraites soit menée.

Elle citait notamment la révision des modes de calcul des retraites des fonctionnaires et des régimes spéciaux, que François Hollande entend pourtant garder inchangés, en plus d'une réforme systémique portant sur l'âge de la retraite.

Les marchés, sur lesquels la France emprunte pour l'instant à des taux historiquement bas, risquent aussi de sanctionner la France si la réforme se révèle trop modeste.

Le Parti communiste voit dans le texte du Parti socialiste, qui s'aligne sur les positions des syndicats les plus "durs", comme la CGT et Force ouvrière, un encouragement à amplifier la mobilisation contre tout recul des droits à la retraite.

Mais l'UMP dénonce au contraire "un PS dogmatique et irresponsable". "Un rapport de neuf pages pour dire qu'il ne faut rien faire!", écrit Arnaud Robinet, secrétaire national en charge des retraites, dans un communiqué.

PONCTIONNER LES REVENUS DU CAPITAL

L'aile gauche du Parti socialiste plaidait pour le report d'une réforme qu'elle juge "ni urgente, ni opportune" et menaçait d'appeler à une consultation des militants dans les fédérations.

Sans aller jusque-là, le bureau national n'en a pas moins écarté les principales pistes évoquées, comme l'accélération de l'allongement de la durée de cotisation que François Hollande considère comme la plus juste.

"Le Parti socialiste est opposé à l'accélération du calendrier d'allongement des durées de cotisation", écrit-il.

Le rapport Moreau proposait d'augmenter "rapidement" la durée de cotisation à 43 ans pour la génération née en 1962, puis à 44 ans pour les personnes nées en 1966, contre une durée de 41,5 ans actuellement.

Le PS accepte seulement que celles-ci augmentent "après 2020" à une vitesse égale à la moitié de la progression de l'espérance de vie.

"Nous refusons de régler les problèmes de financement par une désindexation des pensions", écrivent également les socialistes, écartant ainsi une éventuelle baisse de la revalorisation des retraites.

De même, le Parti refuse une remise en cause de l'abattement de 10% sur les pensions pour l'impôt sur le revenu, expliquant que le niveau de vie des retraités est similaire à celui des actifs.

Pour trouver les 7 milliards d'euros nécessaires à l'horizon 2020, le PS défend l'idée d'une mise à contribution des revenus du capital ou encore "une contribution, au même niveau que les actifs, des retraités les plus aisés".

Il juge également "normal" d'envisager une augmentation modérée des cotisations patronales et salariales.

Pour réduire les inégalités hommes-femmes en matière de retraites, le PS propose par exemple "une majoration forfaitaire par enfant" qui "permettrait de garantir une meilleure redistribution, au bénéfice des femmes".

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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  • M1736621 le mercredi 10 juil 2013 à 18:53

    Commençons par leurs revenus

  • pcur le mercredi 10 juil 2013 à 18:19

    Déplorable.