Le PS veut ouvrir la PMA aux couples de femmes

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LE PS VEUT AUTORISER LA PMA POUR LES COUPLES DE LESBIENNES
LE PS VEUT AUTORISER LA PMA POUR LES COUPLES DE LESBIENNES

PARIS (Reuters) - Le groupe socialiste s'est prononcé mercredi pour le dépôt, dans le cadre du texte sur le mariage homosexuel, d'un amendement élargissant l'assistance à la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de lesbiennes ayant un projet parental.

"Ce qui a été acté aujourd'hui (...), c'est que nous autorisons les femmes homosexuelles liées par un projet parental à avoir recours à une PMA pour donner corps à ce projet", a expliqué à Reuters le député PS Olivier Dussopt.

L'amendement, qui suscite l'opposition de la droite, a été adopté par 126 voix pour, 61 contre et 9 abstentions.

Le projet de loi en faveur du "mariage pour tous", présenté le 7 novembre en conseil des ministres, prévoit la légalisation du mariage et de l'adoption pour les couples de même sexe mais exclut la PMA pour les couples de lesbiennes.

Le président du groupe PS, Bruno Le Roux, a réuni mercredi matin ses députés pour trancher ce sujet.

Il n'a toutefois pas exclu que l'amendement soit introduit dans un autre projet de loi que celui sur le mariage pour tous.

"Nous pensons que c'est dans ce texte qu'il sera le mieux mis en oeuvre mais si le gouvernement nous propose un autre texte avec un échéancier, nous sommes prêts à continuer la discussion", a-t-il dit à l'issue de la réunion de son groupe.

La députée PS de Paris Annick Lepetit estime quant à elle que certains parlementaires socialistes ont besoin de parfaire leur connaissance du dossier.

"Je me suis rendue compte qu'un certain nombre de nos collègues ne sont pas forcément informés comme par exemple sur la question des couples hétérosexuels non mariés qui aujourd'hui peuvent bénéficier d'une PMA" ou encore sur les lois bioéthiques dont la révision tous les cinq ans n'existe plus, dit-elle.

"TOMBER LES MASQUES"

"Quand on nous dit 'on verra dans les prochaines lois bioéthiques', ce n'est pas exact", a-t-elle souligné.

"Je crois que les positions simplistes pour ou contre ne reflètent pas la réalité", a poursuivi Annick Lepetit, qui a souhaité que l'amendement PMA soit davantage "travaillé".

"Nous avons encore un mois et il est fort possible que nous soyons dans l'obligation de faire plusieurs amendements car on voit bien que sur les questions juridiques ça appelle un certain nombre de changements de textes de loi", a-t-elle dit.

"Le travail n'est pas encore abouti. Ce qui est abouti, en revanche, c'est que le projet de loi et le principe d'ouvrir l'égalité des droits, quels que soient les couples, est acquis pour nous au sein du groupe PS", a-t-elle conclu.

Le président du groupe Front de gauche de l'Assemblée, André Chassaigne (PC), s'est dit hostile non pas à la PMA mais à l'opportunité de déposer un amendement PMA dans ce texte.

"Le blocage ne porte pas sur la PMA, il porte sur l'opportunité d'un amendement qui risque de gêner l'adoption massive d'une loi extrêmement importante", a-t-il dit à Reuters, en estimant que ce dossier relevait de la bioéthique.

Dans un premier temps, l'exécutif avait refusé d'introduire la PMA dans le projet de loi, promettant que cette question serait traitée dans une future loi sur la bioéthique.

Mais la ministre de la Justice, Christiane Taubira, a ensuite annoncé que si un tel amendement "arrivait dans le débat parlementaire, le gouvernement ne bloquera(it) pas les choses".

Le groupe UMP de l'Assemblée a vivement réagi à la décision du groupe PS de déposer un amendement autorisant la PMA.

"Après le refus d'une commission spéciale, après le refus d'un vrai débat national, le groupe PS vient de faire tomber les masques", déclare, dans un communiqué, Christian Jacob, le "patron" des députés UMP.

"En décidant de déposer un amendement sur la PMA, les socialistes prennent un double risque : déstabiliser l'institution du mariage et fragiliser le consensus de la société française sur les enjeux de bioéthique", affirme-t-il.

"Il est inacceptable de toucher profondément à nos lois bioéthiques au détour de l'examen du texte sur le mariage et l'adoption. Plus que jamais, nous exigeons un grand débat national sur ce sujet", poursuit-il.

Le projet de loi sera examiné en séance publique par les députés à partir du 29 janvier.

Emile Picy, édité par Yves Clarisse

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  • manx750 le mercredi 19 déc 2012 à 17:31

    C'est de la discrimination sexiste ! il n'y a pas de raison que nous les hommes on ne puisse en profiter et acheter aussi des bébés pour notre bonheur commun ! Nous nous battrons avec nos petits poings pour pouvoir louer des mères porteuses ! Pierre bergé a eu raison de dire qu'être mère porteuse c'est comme travailler à l'usine, Na !

  • o.top le mercredi 19 déc 2012 à 16:48

    ce monde est fou !