Le PS répond aux attaques de Jean-Luc Mélenchon

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PARIS (Reuters) - Le Parti socialiste se veut soudé autour de l'exécutif et fier du travail accompli face aux "impatients" comme Jean-Luc Mélenchon, qui dénonce le "presque rien" des 100 premiers jours de la présidence de François Hollande.

L'ancien candidat du Front de gauche, qui fait sa rentrée politique après un silence de trois mois, a réclamé lundi le soutien de l'aile gauche du PS pour "booster la gauche" et faire avancer les idées négligées selon lui par la majorité.

David Assouline, le porte-parole du PS, a estimé à quelques jours de l'université d'été du PS, à La Rochelle, qu'il s'agissait d'une vaine polémique destinée à meubler le vide laissé par la droite depuis la défaite de Nicolas Sarkozy.

"Ce n'est pas parce qu'il y a ce vide politique de l'opposition, de l'UMP, qu'il faudrait le compenser par l'alimentation d'une polémique à gauche qui, raisonnablement, n'a pas lieu d'être", a-t-il ironisé lors du point de presse hebdomadaire du PS.

Selon David Assouline, le gouvernement a décidé d'agir "vite", mais avec "sérieux" et sans la "précipitation" qui avait marqué d'après lui le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Il estime que l'université d'été du PS, qui rassemblera 4.500 militants et élus à partir de vendredi, sera l'occasion de démontrer le "sentiment du devoir accompli" et "l'ambition intacte de changement".

Les socialistes "salueront la mobilisation exceptionnelle de François Hollande et du gouvernement pour agir vite, mais sans précipitation", a-t-il dit.

Avant lui, deux ministres, Arnaud Montebourg et Marisol Touraine, avaient répondu à Jean-Luc Mélenchon que le changement ne se faisait pas en cent jours et qu'il restait "1800 jours d'une présidence de gauche, 1.800 jours d'un gouvernement de gauche".

Le député PS Jean-Christophe Cambadélis a qualifié pour sa part de "sans faute" les cent premiers jours de François Hollande, jugeant que Jean-Luc Mélenchon était "impatient".

"CONDUIRE PATIEMMENT LE CHANGEMENT"

"Mais nous, nous voulons conduire patiemment le changement pour qu'il dure", a-t-il dit sur RFI.

Le président du Parti de gauche a néanmoins continué lundi à donner de la voix, en appelant notamment à Benoît Hamon, ministre délégué chargé de l'Economie sociale et solidaire.

"Nous avons un terrain commun, la gauche du Parti socialiste et nous, le Front de gauche. Nous avons des mots d'ordre, une vision du monde en commun", a-t-il dit sur France Inter, en citant également Julien Dray, Henri Emmanuelli et Marie-Noëlle Lienemann, autres figures de la gauche du PS.

"Mes amis, vous devez peser de tout votre poids pour obtenir les lois dont nous avons besoin", a-t-il ajouté. "Assez de paroles, des actes. Nous avons besoin que vous veniez nous aider dans notre bataille pour booster la gauche. C'est nous la locomotive, bon sang, venez mettre un peu de charbon pour qu'elle avance".

Jean-Luc Mélenchon, qui avait dénoncé dans un entretien au Journal du Dimanche le "creux" des cent premiers jours de François Hollande, l'a qualifié lundi de "brave homme".

D'autres voix discordantes se font entendre à gauche.

Alors que son compagnon Arnaud Montebourg s'est fait l'avocat du gouvernement en invitant "toutes les gauches à s'unir", Audrey Pulvar a récemment critiqué, dans un éditorial des Inrockuptibles, la gestion du dossier des Roms.

Des militants d'Europe Ecologie-Les Verts, parti allié du PS, devraient de leur côté critiquer particulièrement le traité européen lors de leur université d'été de mercredi à vendredi à Poitiers.

Dans Le Figaro paru lundi, le ministre du Travail, Michel Sapin, minimise ces désaccords. "La gauche ne s'agite pas plus qu'il n'est logique, attendu et habituel", dit-il.

Patrick Vignal et Gérard Bon

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