Le PS invité à trancher sur le sort des "frondeurs"

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LE PS INVITÉ À TRANCHER SUR LE SORT DES "FRONDEURS"
LE PS INVITÉ À TRANCHER SUR LE SORT DES "FRONDEURS"

PARIS (Reuters) - Les députés socialistes ayant signé mercredi la motion de censure "de gauche" avortée contre le gouvernement ont été pris pour cible jeudi par Stéphane Le Foll, qui a à demi-mot appelé le PS à se prononcer sur le cas de ces élus.

"Ils ont pris une très lourde responsabilité", a estimé le ministre de l'Agriculture et porte-parole du gouvernement sur Europe 1.

Selon ce fidèle de François Hollande qui a été à l'origine de l'initiative "Hé oh, la gauche !", cette attaque contre l'exécutif risque de faire le jeu de l'opposition en vue des prochaines échéances électorales.

"Le seul résultat, ce sera de diviser de manière supplémentaire la gauche et faire gagner la droite", a-t-il déclaré.

Stéphane Le Foll a notamment dénoncé le fait que ces parlementaires se placent en situation d'opposition systématique à un parti dont ils se réclament au moment des scrutins. "Le fait d'être au Parti socialiste garantit quand même pour beaucoup le fait d'être élu", a-t-il indiqué.

Précisant qu'en temps que simple membre du PS, il ne lui revenait pas de se prononcer sur d'éventuelles sanctions de ces parlementaires dissidents, il a cependant suggéré à demi-mot un rappel à l'ordre.

"Il y aura des débats, bien sûr, après ce qui s'est passé, puisque jusqu'au bout certains ont cherché à faire tomber le gouvernement", a-t-il relevé.

APPEL A UNE CLARIFICATION

De la même façon, le secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, n'a pas appelé explicitement à une exclusion des députés récalcitrants et s'en est remis à la direction du PS.

"Je me tourne vers ceux qui sont en responsabilité pour voir ce qu'il convient de faire", a-t-il dit sur iTELE. "La question des règles collectives se pose (...) Je pense que c'est allé trop loin (...) Je pense que les choses, à un moment ou un autre, doivent être clarifiées", a-t-il ajouté en évoquant "une forme d'irresponsabilité d'une certaine gauche".

"Nous ne sommes pas là pour dynamiter toute perspective à gauche", a répondu sur BFMTV le député socialiste de la Nièvre Christian Paul, chef de file des "frondeurs".

Selon lui, "le but d'une motion de censure c'est de dire stop à un texte" et l'initiative de mercredi reflétait "un avertissement très ferme qui vient de toute la gauche".

Les opposants de gauche à la loi Travail ont échoué de peu à déposer une motion de censure contre le gouvernement mercredi, une attaque rare et symbolique de la profonde division de la gauche à un an de la présidentielle et des législatives.

Ils ont réuni 56 signatures sur les 58 nécessaires pour présenter un texte dont l'adoption par au moins 289 députés aurait permis de renverser le gouvernement.

Parmi les signataires, figurent 28 socialistes (sur les 285 que compte le groupe à l'Assemblée nationale), les 10 députés Front de gauche, 10 écologistes et un mélange de non-inscrits de gauche ou du centre.

Le président du groupe PS à l'Assemblée, Bruno Le Roux, avait annoncé avant le scrutin que les élus qui voteraient une motion de censure seraient exclus du groupe et du PS.

(Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse)

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