Le PS fait front autour de l'exécutif

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OUVERTURE DU 76E CONGRÈS DU PS À TOULOUSE
OUVERTURE DU 76E CONGRÈS DU PS À TOULOUSE

par Gérard Bon et Jean Décotte

TOULOUSE (Reuters) - Le Parti socialiste a ouvert un "congrès de combat" vendredi à Toulouse, ville de rugby, disant vouloir former un "pack" autour d'un exécutif accusé par l'opposition de multiplier les couacs et de mener une politique fiscale aggravant la crise.

Harlem Désir, successeur désigné de Martine Aubry à la tête du PS, est arrivé en début d'après-midi au Parc des expositions de la ville, où il a promis un "congrès d'unité des socialistes" et critiqué les "mensonges" du gouvernement précédent sur le plan social de PSA.

"Le PS va faire 'pack' autour du gouvernement, parce qu'on est dans une ville rugbystique, je peux employer cette expression", a-t-il dit.

Interrogé sur le procès en "amateurisme" dressé par la droite ces derniers jours, il a renvoyé la balle dans le camp de l'UMP.

"En matière de couac, le mensonge que M. Fillon a révélé hier, qui a été celui de M. Sarkozy pendant la campagne, qui a caché aux Français un plan de restructuration et en fait de licenciements de 8.000 emplois dans le groupe PSA, ça c'est un véritable scandale", a-t-il dénoncé.

François Fillon a reconnu jeudi que Nicolas Sarkozy avait demandé au président du directoire de PSA Peugeot Citroën de reporter son plan social, ce qu'a dénoncé vendredi la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, parlant de "cynisme absolu".

"C'est un mensonge industriel d'Etat qui retire tout crédit à la droite pour donner des leçons", a ajouté Harlem Désir.

DÉSIR, "VRAI" PATRON ?

Le 76e congrès du PS, qui rassemble plus de 3.000 militants et élus, ainsi que la plupart des ministres, s'est ouvert dans un contexte de fragilité pour l'exécutif.

Nombre de militants avaient à l'esprit la pluie de critiques sur une supposée cacophonie permanente au sein de la majorité et moult reculades, comme le droit de vote sur les étrangers ou le rapport Gallois sur la compétitivité.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a lui-même nourri le procès d'amateurisme fait à la gauche en annonçant mercredi l'invalidation de la loi sur le logement social avant même que le Conseil constitutionnel ne se prononce.

Face à la tempête, le PS se veut serein, dénonçant les "vociférations" et les "caricatures" de la droite.

"C'est un congrès de combat contre les conservatismes, face à une droite qui n'a pas accepté le verdict du 6 mai et le changement qu'ont choisi les Français", a insisté Harlem Désir, disant vouloir apporter des réponses aux préoccupations des Français sur l'emploi, sur l'industrie ou l'école.

Pour le ministre de la Ville François Lamy, le parti joue son rôle, qui est de soutenir et d'amplifier l'action du gouvernement et de préparer les prochaines échéances.

Sur le plan interne, les militants sont appelés à introniser Harlem Désir, qui succède à Martine Aubry et n'a guère suscité leur enthousiasme, en raison notamment de sa pré-désignation en amont d'un vote bloqué.

Le nouveau patron du PS, qui entend néanmoins surprendre, promet de faire la "synthèse" en proposant d'associer toutes les sensibilités à la prochaine direction.

Il a en tout cas la confiance de François Hollande, pour qui Harlem Désir est un "vrai" patron et non un premier secrétaire "paillasson".

LE PIÈGE DU "PARTI GODILLOT"

L'ancien président de SOS Racisme est "débarrassé de deux générations, celle des anciens, comme Martine Aubry, Laurent Fabius et moi-même, et celle des ministres qui sont aujourd'hui au gouvernement", a jugé le chef de l'Etat devant des proches.

"Dans les candidats, c'était le seul possible car le seul acceptable par le président, la chenille va peut être se transformer en papillon", veut croire un ministre.

Pour Ségolène Royal, Toulouse est avant tout un "congrès d'apaisement", quatre ans après celui de Reims, qui avait vu Martine Aubry la battre de quelques voix dans des conditions contestées.

Martine Aubry ayant lancé avant son départ, avec le concours de Jean-Marc Ayrault, une motion de rassemblement qui a reçu l'aval de la quasi totalité des ténors et "éléphants" du parti, le congrès de Toulouse est dépourvu d'enjeu.

Harlem Désir, 52 ans, a bénéficié du forfait du chef de file de l'aile gauche, le ministre de l'Economie sociale et solidaire Benoît Hamon, qui n'a pas présenté de motion en échange d'une trentaine de postes sur 204 au conseil national.

Le premier secrétaire a obtenu une victoire sans relief (72,45%) face à Emmanuel Maurel (27,55%), 39 ans, qui a repris de flambeau de la gauche du parti.

Il doit maintenant s'efforcer d'imprimer sa marque sur un parti revenu au pouvoir après dix ans d'opposition et asseoir sa légitimité, mais sans gêner l'exécutif.

Le nouveau dirigeant a promis de poursuivre la rénovation entreprise par Martine Aubry - notamment sur la parité - et de faire du PS une force de proposition et de débat en évitant de tomber dans le piège d'un "parti godillot".

Edité par Patrick Vignal

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  • M3435004 le vendredi 26 oct 2012 à 17:50

    Tous en choeur ! L'emm....c'est la rose, l'emm....

  • M3435004 le vendredi 26 oct 2012 à 17:48

    qui n'a pas présenté de motion en échange d'une trentaine de postes sur 204 au conseil national...C'est un système de gouvernance socialiste : des abandons contre des postes, des sièges et des circonscriptions....

  • bordo le vendredi 26 oct 2012 à 17:14

    Allez les patrons toulousains, bloquez les dans leur bunker ! coupez leur l'eau, l'électricité, laissez les revenir à l'état sauvage.