Le PS appelé à trancher entre "frondeurs" et "loyalistes"

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LES SOCIALISTES DOIVENT TRANCHER ENTRE "LOYALISTES" ET "FRONDEURS"
LES SOCIALISTES DOIVENT TRANCHER ENTRE "LOYALISTES" ET "FRONDEURS"

par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - Les militants socialistes sont appelés jeudi à trancher le débat entre "frondeurs" et "loyalistes" au gouvernement, dans un scrutin interne dont l'enjeu crucial pour François Hollande est de conserver un parti en ordre de marche pour 2017.

Donnée archi-favorite après le ralliement de la maire de Lille Martine Aubry, la direction du PS a pourtant placé la barre d'un résultat satisfaisant à la seule majorité absolue, un objectif qui illustre l'incertitude qui pèse sur le scrutin.

"Nous sommes en situation de l'emporter, cela dépend de la mobilisation, si l'abstention est importante on peut avoir un certain nombre de déconvenues", a déclaré, prudent, Jean-Christophe Cambadélis qui mène la motion "A" de la direction.

Des élus socialistes estiment que le premier secrétaire du PS a fixé un objectif volontairement bas, afin de mobiliser ses troupes à aller voter et, le cas échéant, à faire plus.

Dans l'entourage de François Hollande, on reconnaît qu'une majorité limitée à 50% serait problématique pour la suite du quinquennat et la conquête du prochain mandat présidentiel.

"Pour que la majorité soit consolidée, bien solide, il faut s’approcher des deux tiers, je me dis 60% dans les circonstances actuelles : en dessous, cela veut dire un parti qui traîne les pieds", estime un de ses proches.

A moins de deux ans de l'élection présidentielle, François Hollande a besoin d'un parti acquis à sa cause, s'il veut espérer, dans un deuxième temps, rassembler le reste de la gauche autour de sa candidature.

Les soutiens du président estiment qu'une large victoire de la motion "A" avant le congrès du parti début juin à Poitiers tirerait un trait sur l'hypothèse d'une primaire pour 2017, une option défendue dans la motion "B" des frondeurs.

RAPPORT DE FORCE

Ces derniers, qui ont notamment contraint le gouvernement à passer en force sur la loi Macron, espèrent créer un rapport de forces au congrès pour imposer un virage à gauche à l'exécutif.

"D'ores et déjà, ce congrès exprime à travers les textes une demande d'inflexion de la politique gouvernementale. En fonction des résultats, celle-ci sera fortement portée ou non par le parti socialiste dans son dialogue avec le gouvernement", explique un des frondeurs, le député Laurent Baumel.

Pour Marie-Nöelle Lienemann, sénatrice de Paris, un score limité aux environs de 50% pour les "loyalistes" démontrerait que le statu quo n'est plus tenable au sein du parti.

"Si le premier secrétaire est autour de 50%, cela veut dire qu'il faut trouver une solution politique (...) notre stratégie c'est de proposer une nouvelle majorité de rassemblement et un contrat avec le gouvernement", dit-elle.

Ce rapprochement pourrait s'opérer entre le 21 et le 28 mai, avant que les premiers signataires des motions arrivées en tête ne s'affrontent pour la tête du parti, estime la sénatrice.

Pour l'heure, même en privé, peu des protagonistes de la bataille du congrès se risquent à faire des pronostics.

"Il y a deux grandes inconnues, la participation et le score de la motion D", explique un conseiller de l'exécutif en référence à "La Fabrique", le texte de la député Karine Berger.

La volonté de cette dernière de renouveler le fonctionnement du parti et le caractère "non aligné" de sa motion, pourrait séduire les militants qui, sans vouloir désavouer le gouvernement, souhaitent faire entendre leur voix.

CRAINTE DE FRAUDE

La direction du PS espère 70.000 à 80.000 votants sur les 131.000 militants actifs que compterait actuellement le parti, une estimation qui suscite l'ironie des frondeurs, pour lesquels il est impossible d'anticiper la participation.

Les deux camps s'accordent en privé à reconnaître que la campagne interne n'a guère suscité d'enthousiasme et que peu d'adhérents se sont déplacés aux réunions publiques.

Déboussolés par de multiples défaites électorales et faute de constater les résultats d'une politique économique qui divise leurs rangs, de nombreux militants pourraient bouder les urnes.

L'incertitude sur la participation alimente aussi les craintes de fraude, tout comme la centralisation des votes au siège du PS, une étape surveillée comme le lait sur le feu par les équipes de Christian Paul, tête de liste des frondeurs.

Organisé les 5, 6 et 7 juin à Poitiers après les votes des militants, le congrès des socialistes interviendra cinq jours après celui de l'UMP, où l'organisation dirigée par Nicolas Sarkozy doit adopter son nouveau nom "Les Républicains&q

par Julien Ponthus

PARIS (Reuters) - Les militants socialistes sont appelés jeudi à trancher le débat entre "frondeurs" et "loyalistes" au gouvernement, dans un scrutin interne dont l'enjeu crucial pour François Hollande est de conserver un parti en ordre de marche pour 2017.

Donnée archi-favorite après le ralliement de la maire de Lille Martine Aubry, la direction du PS a pourtant placé la barre d'un résultat satisfaisant à la seule majorité absolue, un objectif qui illustre l'incertitude qui pèse sur le scrutin.

"Nous sommes en situation de l'emporter, cela dépend de la mobilisation, si l'abstention est importante on peut avoir un certain nombre de déconvenues", a déclaré, prudent, Jean-Christophe Cambadélis qui mène la motion "A" de la direction.

Des élus socialistes estiment que le premier secrétaire du PS a fixé un objectif volontairement bas, afin de mobiliser ses troupes à aller voter et, le cas échéant, à faire plus.

Dans l'entourage de François Hollande, on reconnaît qu'une majorité limitée à 50% serait problématique pour la suite du quinquennat et la conquête du prochain mandat présidentiel.

"Pour que la majorité soit consolidée, bien solide, il faut s’approcher des deux tiers, je me dis 60% dans les circonstances actuelles : en dessous, cela veut dire un parti qui traîne les pieds", estime un de ses proches.

A moins de deux ans de l'élection présidentielle, François Hollande a besoin d'un parti acquis à sa cause, s'il veut espérer, dans un deuxième temps, rassembler le reste de la gauche autour de sa candidature.

Les soutiens du président estiment qu'une large victoire de la motion "A" avant le congrès du parti début juin à Poitiers tirerait un trait sur l'hypothèse d'une primaire pour 2017, une option défendue dans la motion "B" des frondeurs.

RAPPORT DE FORCE

Ces derniers, qui ont notamment contraint le gouvernement à passer en force sur la loi Macron, espèrent créer un rapport de forces au congrès pour imposer un virage à gauche à l'exécutif.

"D'ores et déjà, ce congrès exprime à travers les textes une demande d'inflexion de la politique gouvernementale. En fonction des résultats, celle-ci sera fortement portée ou non par le parti socialiste dans son dialogue avec le gouvernement", explique un des frondeurs, le député Laurent Baumel.

Pour Marie-Nöelle Lienemann, sénatrice de Paris, un score limité aux environs de 50% pour les "loyalistes" démontrerait que le statu quo n'est plus tenable au sein du parti.

"Si le premier secrétaire est autour de 50%, cela veut dire qu'il faut trouver une solution politique (...) notre stratégie c'est de proposer une nouvelle majorité de rassemblement et un contrat avec le gouvernement", dit-elle.

Ce rapprochement pourrait s'opérer entre le 21 et le 28 mai, avant que les premiers signataires des motions arrivées en tête ne s'affrontent pour la tête du parti, estime la sénatrice.

Pour l'heure, même en privé, peu des protagonistes de la bataille du congrès se risquent à faire des pronostics.

"Il y a deux grandes inconnues, la participation et le score de la motion D", explique un conseiller de l'exécutif en référence à "La Fabrique", le texte de la député Karine Berger.

La volonté de cette dernière de renouveler le fonctionnement du parti et le caractère "non aligné" de sa motion, pourrait séduire les militants qui, sans vouloir désavouer le gouvernement, souhaitent faire entendre leur voix.

CRAINTE DE FRAUDE

La direction du PS espère 70.000 à 80.000 votants sur les 131.000 militants actifs que compterait actuellement le parti, une estimation qui suscite l'ironie des frondeurs, pour lesquels il est impossible d'anticiper la participation.

Les deux camps s'accordent en privé à reconnaître que la campagne interne n'a guère suscité d'enthousiasme et que peu d'adhérents se sont déplacés aux réunions publiques.

Déboussolés par de multiples défaites électorales et faute de constater les résultats d'une politique économique qui divise leurs rangs, de nombreux militants pourraient bouder les urnes.

L'incertitude sur la participation alimente aussi les craintes de fraude, tout comme la centralisation des votes au siège du PS, une étape surveillée comme le lait sur le feu par les équipes de Christian Paul, tête de liste des frondeurs.

Organisé les 5, 6 et 7 juin à Poitiers après les votes des militants, le congrès des socialistes interviendra cinq jours après celui de l'UMP, où l'organisation dirigée par Nicolas Sarkozy doit adopter son nouveau nom "Les Républicains".

(Edité par Yves Clarisse)

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