Le PS, affaibli, courtise ses alliés à l'Assemblée

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LE PS, AFFAIBLI, COURTISE SES ALLIÉS À L'ASSEMBLÉE
LE PS, AFFAIBLI, COURTISE SES ALLIÉS À L'ASSEMBLÉE

par Emile Picy

PARIS (Reuters) - Le Parti socialiste est contraint de faire la cour à ses alliés radicaux de gauche et écologistes après plusieurs défaites aux élections législatives partielles qui ont quasiment réduit à néant sa majorité absolue à l'Assemblée nationale.

Après la victoire dimanche de l'opposition aux deux élections législatives partielles concernant les Français de l'étranger, le groupe PS et apparentés ne compte plus que 292 membres alors que la majorité absolue est fixée à 289.

Le PS l'avait emporté en juin 2012 dans ces deux circonscriptions mais le Conseil constitutionnel a invalidé Le résultat de ces élections le 15 février dernier.

Un siège reste vacant, celui de Jérôme Cahuzac, qui a démissionné de son siège après avoir admis la possession d'un compte à l'étranger pendant 20 ans. Il sera remis en jeu lors d'une partielle qui aura lieu à la fin du mois.

Le parti pourrait compter un nouveau départ si l'inéligibilité de Sylvie Andrieux dans les Bouches-du-Rhône, était confirmée en appel. Une nouvelle partielle aurait alors lieu dans une circonscription où le Front national n'avait été battu que de 700 voix au second tour.

En outre, certains députés socialistes s'appliquant le non-cumul des mandats pourraient choisir la mairie plutôt que la députation à l'occasion des municipales de 2014, provoquant autant de nouvelles élections partielles.

DES MARGES MOINS IMPORTANTES

Thierry Mandon, le porte-parole du groupe socialiste à l'Assemblée, reconnaît que la situation est désormais plus tendue pour la majorité, qui devra assurer sa cohésion au moment où des décisions difficiles doivent être prises, notamment la réforme des retraites attendue à la fin de l'année.

"Les marges sont moins importantes et donc il y a un bon usage à trouver en consolidant les relations qu'on a au sein de la majorité avec les radicaux de gauche, d'une part, et les écologistes, d'autre part", a-t-il dit, sans "paniquer".

"Plus l'ensemble du système d'alliance sera solide et plus nous aurons de facilités", a poursuivi le député PS.

Si le Parti socialiste ne peut que très rarement compter sur le soutien des 15 députés du Front de gauche, quasiment entrés dans l'opposition au gouvernement de François Hollande, il entend mettre de l'huile dans ses relations avec les 16 radicaux de gauche, qui font rarement défaut à la majorité, et les 17 élus écologistes, beaucoup plus turbulents.

Pour les radicaux de gauche, la meilleure concertation promise par un PS affaibli semble a priori suffisante.

"Le groupe PS a intérêt à renforcer ses liens avec ses deux groupes partenaires, celui des écologistes et celui des radicaux de gauche, surtout avec nous qui sommes proches du PS", a dit Roger-Gérard Schwartzenberg, leur président.

Les socialistes "doivent comprendre qu'il faut jouer la carte du pluralisme", a-t-il ajouté, jugeant "important d'avoir des liens plus étroits entre groupes et avec le gouvernement".

LE DÉFI DES ÉCOLOGISTES

Mais le défi est plus difficile à relever avec les Verts.

Ces derniers ont ainsi voté le 29 mai à l'unanimité contre le projet de loi sur l'enseignement supérieur, à la grande colère du secrétaire national du PS aux relations extérieures.

"Pour la première fois de la législature, la totalité du groupe écologiste à l'Assemblée nationale se désolidarise de la majorité gouvernementale, dont il fait partie intégrante, alors même que les ministres écologistes soutiennent la loi", a regretté Luc Carnouvas dans un communiqué.

Cette entorse à la solidarité fait suite à l'adoption d'une motion du Conseil fédéral d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV) réclamant un changement de cap "rapide et significatif" afin de sortir de la "politique gestionnaire à courte vue", alors que Thierry Mandon a refusé lundi de modifier la politique suivie.

Les écologistes estiment que leur attitude ne constitue pas une rupture du pacte majoritaire, qui leur impose de voter les budgets et de s'en tenir à l'accord entre les deux partis.

"On a le droit de d'être dedans et de critiquer. La solidarité, ce n'est pas la soumission", a estimé Pascal Durand, secrétaire national d'EELV dans Le Monde daté du 30 mai.

Au PS, en cas de perte d'autres sièges, on souligne que ce ne serait de toute manière pas la première fois que la gauche gouvernerait sans avoir de majorité absolue à l'Assemblée, qui a le dernier mot dans le processus législatif.

En 1988, le Premier ministre Michel Rocard, ne détenait qu'une majorité relative et devait compter sur le groupe communiste pour faire adopter ses textes.

Il a ainsi dû compter sur les voix centristes pour faire adopter la cotisation sociale généralisée (CSG), l'une des grandes réformes du second quinquennat de François Mitterrand.

Aux législatives de juin 1997, Lionel Jospin ne disposait pas d'une majorité absolue mais pouvait compter sur la "majorité plurielle" avec un groupe communiste fort de 36 élus et d'un groupe de 33 députés regroupant les radicaux de gauche, les écologistes et le Mouvement des Citoyens de Jean-Pierre Chevènement.

Edité par Yves Clarisse

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